A bord de Gedimat, Thierry Chabagny veut confirmer

La deuxième étape de la Solitaire du Figaro s'élance demain midi de Gijon. Après une remontée vers l'île de Sein, les 36 solitaires encore en course devront gagner Saint-Gilles Croix de Vie, berceau des Figaro Bénéteau (442 milles au total). Une manche qui a déjà souri deux fois à Thierry Chabagny, en 2006 et 2009. Pourquoi pas trois ?

"J'ai terminé deux fois deuxième à Saint Gilles Croix de Vie : derrière Nicolas Troussel en 2006 (année où Thierry a terminé 2e de la Solitaire au général) et une fois en 2009 derrière Jérémie Beyou. Si ça pouvait faire 'jamais deux sans trois', je signerais tout de suite!" A Gijon, le skipper de Gedimat est d'humeur sereine en préparant encore et encore la météo de cette deuxième manche de la Solitaire, qui consiste en une nouvelle traversée du golfe de Gascogne, une remontée vers la pointe de Bretagne, puis la descente vers la Vendée. Cinquième au général à 40 minutes du leader Yann Elies, Thierry Chabagny sait qu'il a une belle carte à jouer. Et il s'est préparé en conséquence, en professionnel : "repos, sport, piscine, météo, voilà mon programme espagnol…"

Les conditions attendues pourraient se résumer ainsi : tout petit temps et donc un départ déterminant, puis un grand tout droit sous spi pour traverser le Golfe de Gascogne, et du près pour finir en redescendant vers Saint Gilles. Le skipper de Gedimat explique : "le parcours en baie et les 40 premiers milles seront je pense les plus compliqués, car nous serons de nouveau sous l'influence d'une petite dorsale anticyclonique et nous aurons donc des vents faibles. Derrière, il y a des petites dépressions qui donneront du sud-ouest modéré jusqu'à peut-être une vingtaine de nœuds pour remonter vers l'Occidentale de Sein. Celui qui parviendra à toucher ce vent de sud-ouest en premier aura de grandes chances de s'échapper, car c’est de la conduite sous spi jusqu'à la Bretagne. Et ce sera de la navigation sous la pluie, avec des petits passages de fronts froids…"

Bien s'extirper de la côte espagnole sera donc la première clé de cette deuxième étape… qui est déjà l'avant-dernière de l’épreuve. Autrement dit, le match qui s'annonce est lui aussi déterminant pour le classement général, et plus encore cette année où la course ne comprend que trois étapes. "Il faudra être parmi les premiers à prendre l'autoroute, sous peine de ne pas pouvoir revenir sur la tête de course. Même le traditionnel petit parcours de départ en baie de Gijon sera important, il ne faut surtout pas se rater dès l’entame", commente Thierry, qui estime que la pointe de Bretagne pourrait être atteinte dès mardi matin, pour une arrivée à Saint Gilles Croix de Vie le lendemain, mercredi 4 juillet. "Normalement, nous passerons le courant du Raz de Sein dans le bon sens, selon les derniers routages que j'ai lancés. Mais attention si ce n'est pas le cas, car il y aura 98 de coefficient de marée et donc des courants forts". Gedimat a une belle carte à jouer… et Thierry Chabagny est parfaitement prêt. Sa stratégie sera forcément un peu plus complexe mais dans les grandes lignes, il y a trois conditions essentielles pour bien figurer : "être bien placé devant dimanche soir, aller vite ensuite et ne pas déchirer de spi." Si ces trois conditions sont remplies, Thierry a de grandes chances de confirmer son excellente place lors de la première étape, et pourquoi pas de faire encore mieux. Et c'est bien son intention.

Solitaire du Figaro 2012  //  02/07/2012
Article précédent : « Grand spi déchiré sur Gedimat »  //  Article suivant : « Thierry Chabagny : "ma deuxième vie commence !" »