A mi-parcours, du suspense et Thierry Chabagny dans le match

Le skipper de Gedimat est en forme sur cette dernière étape de la Solitaire du Figaro Eric Bompard cachemire ! Il fait partie du petit groupe de neuf bateaux qui luttent actuellement pour la deuxième place, juste derrière Xavier Macaire. Et tous butent ce matin dans une zone sans vent. La lutte pour la victoire d’étape est totalement relancée.

Repartie dimanche de Torquay, la flotte de la Solitaire du Figaro est de retour à sa longitude de départ ce matin, après 230 milles parcourus et la fin de la deuxième nuit de course. Le contournement de Land’s End et le retour vers le phare de Wolf Rock ont été très techniques, parfois musclés avec des rafales à 30 nœuds, de la mer et beaucoup de courant, favorable ou pas, à gérer. A bord de Gedimat, Thierry Chabagny s’en est très bien sorti : il a toujours été à la lutte dans le groupe restreint des tout premiers chasseurs qui tentaient de revenir sur Xavier Macaire. Celui-ci avait réussi un break, possédant jusqu’à près de 8 milles d’avance et menaçant même directement Yann Eliès pour la victoire finale au classement général !  Mais ce matin cette avance a fondu comme neige au soleil alors que le leader bute dans une zone sans vent au sud de... Start Point. Totalement arrêté en premier, Xavier Macaire voit revenir sur lui ses premiers chasseurs - dont Gedimat - et eux aussi commencent à freiner considérablement. Tout est relancé dans cette quatrième et dernière étape de La Solitaire. C’est comme un nouveau départ qui se profile, au moins pour les dix bateaux de tête au sein desquels on retrouve donc Thierry Chabagny et neuf autres grands favoris de la course, dont tous les leaders du classement général, sauf Alexis Loison et Gwénolé Gahinet qui accusent un peu de retard.

Comme un deuxième départ pour les bateaux de tête

A 10h ce matin, alors qu’il reste 220 milles de course, Xavier Macaire n’avait plus qu’1,5 mille d’avance sur cette meute très serrée où les classements risquent fort de faire le yoyo entre la 2e et la 10e place, tant que cette zone sans vent ne sera pas franchie. Gedimat a donc toutes ses chances encore dans cette ultime étape qui est déjà terrible pour les nerfs des skippers. Car en arrivant dans la bulle, les vitesses sont très faibles (souvent moins de 2 nœuds et parfois moins de 1 nœud !) et très aléatoires d’une veine de risée à l’autre. Il faut donc être parfaitement concentré et si possible lucide malgré la fatigue pour exploiter le moindre souffle, un des exercices les plus difficiles à ce niveau. Il n’est pas exclu non plus que quelques bateaux attardés puissent éventuellement espérer revenir se mêler à la bataille en tête, histoire de compliquer encore un peu plus le tableau, ou encore que ceux qui tentent des options un peu désespérées à la côte ou au grand large décrochent le jackpot. Tout est possible dans ces cas-là. Il y a donc beaucoup de suspense ce matin en Manche… Et il y en aura encore tout au long des 110 milles le long des côtes anglaises et pourquoi pas jusqu’à l’arrivée à Dieppe. Car une fois qu’ils auront viré la bouée Owers dans l’est de l’île de Wight et encore lointaine de 120 milles, il restera 60 milles de traversée de Manche jusqu’à l’aplomb du Havre et enfin 45 derniers milles vers l’est pour l’arrivée finale à Dieppe. Rien n’est joué pour Thierry Chabagny et ses camarades de course ! A surveiller de près aujourd’hui : les écarts entre les bateaux quand le vent sera de nouveau au rendez-vous et les vitesses stabilisées. Ce sera un premier indicateur après l’épisode de ce matin qui ressemble fort à un deuxième départ pour les bateaux de l’avant dont fait encore partie Gedimat.

Solitaire du Figaro Eric Bompard cachemire  //  23/06/2015
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