Avarie de spi à bord de Gedimat

Pas de chance pour Thierry Chabagny et Christopher Pratt : hier soir le petit spi de Gedimat s’est déchiré, sans explication apparente. Ils ont donc perdu du terrain au classement mais sont bien décidés à se battre contre ce nouveau coup du sort. Le classement de 11h en atteste déjà puisqu’ils ont repris la 5e place, naviguant à 6 nœuds à 10 milles du leader.

« Nous avons eu un nouveau souci technique important. Hier soir, le front est passé très rapidement, en 20 minutes. Derrière, le vent a tourné très vite du sud-ouest au nord-ouest et c'était parfaitement spiable (praticable avec un spi) dans 18 nœuds de vent. Nous avons donc envoyé le petit spi qui était tout neuf et, alors qu'il n'a même pas claqué, il s'est ouvert en deux de la têtière jusqu'en bas ! C'est la première fois que ça m'arrive, de déchirer un petit spi ! Normalement, c'est très solide... Avec Christopher nous sommes un peu dégoûtés parce que du coup nous avons été obligés de lofer pour naviguer sous génois et donc de ne pas faire le cap que nous avions prévu. Forcément nous avons perdu du terrain ».

Thierry Chabagny est évidemment un peu déçu ce matin : de 3e hier soir, Gedimat avait rétrogradé à la 6e place au classement de 8h, puis est remonté à la 5e place au classement de 11h. « Pour l'instant nous pensons que ce n'est pas réparable », avoue le skipper de Gedimat, « et s'il faut naviguer entre 90 et 115 degrés du vent, nous n'aurons plus cette arme. Nous venons de perdre un atout dans notre jeu, il va falloir faire avec et espérer qu'après les Canaries nous n'ayons plus besoin que du grand spi, pour pouvoir nous battre à nouveau à armes égales avec les autres. En ce moment, nous sommes de nouveau au près, donc pas pénalisés ».

 "C'est loin d'être fini"

Devant, trois bateaux se sont donc échappés sous spi cette nuit : Nacarat, Banque Populaire et Sepalumic. C'est rageant pour Thierry Chabagny et Christopher Pratt, qui avaient déjà perdu deux milles avec le souci sur leur solent au large du cap Finisterre. Pour le moment, les deux hommes n'ont rien à se reprocher côté navigation : leur trajectoire et leur vitesse sont excellentes mais ces deux coups du sort successifs sont difficiles à encaisser. Ceci dit « la course est loin d'être finie » rassure Thierry Chabagny, « et avec Christopher nous nous entendons parfaitement. La preuve : il vient de me laisser dormir trois heures d'affilée ! ».

La bonne nouvelle est que malgré ce spi déchiré, Gedimat a réussi à garder le contact avec le groupe des chasseurs. « Nous sommes toujours à la lutte avec Macif et Bretagne Crédit Mutuel, c'est plutôt bon pour le moral » raconte le skipper de Gedimat qui se félicite aussi que « les conditions sur l'eau ne sont pas exactement les mêmes que celles annoncées par les prévisions... donc il y a des coups à jouer. Le passage de Madère, dans une trentaine d'heures, risque d'être très intéressant car le dévent sera important. L'île est très haute et en théorie il faudrait passer à plus de 30 milles pour éviter ce dévent. Beaucoup vont être tentés de faire plus court et là il peut aussi y avoir de belles surprises aux pointages... ».

A 200 milles de Madère, rien n'est perdu pour Gedimat. Il reste près de 3000 milles à couvrir avant Saint Barthélemy et comme on ne peut pas dire que Thierry Chabagny et Christopher Pratt aient entamé leur capital chance depuis le départ, la roue a encore largement le temps de tourner en leur faveur. Au pointage de 11h, Gedimat avait d'ailleurs repris la 5e place et naviguait à 6 nœuds, à 10 milles du leader. Autre bonne nouvelle : s'ils sont encore au près et dans de la grisaille, la mer et le vent se sont beaucoup calmés. Ce qui veut dire : repas chauds enfin, changement de vêtements, séchage, rangement... des petits riens vus de la terre mais qui font un bien fou en mer, après quatre jours d'un début de transat extrêmement violent.

Transat AG2R La Mondiale 2012  //  26/04/2012
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