Chabagny et Duthil remettent ça sur le Tour de Bretagne

Passés à un cheveu de la victoire voilà deux ans - lors de la dernière édition - Thierry Chabagny et Frédéric Duthil embarquent de nouveau ensemble sur le Tour de Bretagne. Avec une belle motivation, même si la concurrence s'y annonce très, très sévère.

A bord de Gedimat, vous venez ce vendredi matin de courir le prologue, sans enjeu sportif, du Tour de Bretagne. Tout s'est bien passé ?

« Oui impeccable. Nous avions du vent de nord relativement faible, moins de 10 nœuds, mais c'était une bonne occasion de reprendre le bateau en main avec Fred et de retrouver nos automatismes. Nous sommes prêts pour cette semaine de compétition dans une épreuve qu'on adore tous les deux et où nous avons souvent obtenu de bons résultats. Voilà deux ans, nous avions terminé deuxièmes pour seulement deux petits points à cause d'une seule et unique mauvaise manche. La victoire nous avait échappé de très peu. »

 

Le plateau des inscrits est très relevé, sur le papier en tout cas...

« Oui. Nous sommes 25 doubles engagés et la concurrence va être très sévère. Il y a un niveau moyen qui est impressionnant, avec notamment la présence des dix premiers de la Solitaire, mais aussi des gars qui viennent du Vendée Globe comme Vincent Riou, Morgan Lagravière, Paul Meilhat etc. Il y a de très bons duos, ne serait-ce que celui formé par Gildas Mahé (avec qui Thierry Chabagny avait gagné cette épreuve en 2005, ndr) et Nicolas Lunven qui vient de remporter la Solitaire. Il faudra être intelligents et très inspirés pour espérer un bon résultat, mais nous sommes motivés et contents de nous retrouver avec Fred ! »

 

Vos palmarès en disent long sur cette course. Fred Duthil n'a jamais gagné mais il a terminé trois fois sur le podium et toi tu as une victoire et une place de deuxième à ton actif…

"Oui, nous avons tous les deux obtenus de bons résultats sur ce Tour de Bretagne, mais ça ne veut pas forcément dire qu'on sera aussi brillants cette année. Nous avons un rôle à jouer je pense mais il y aura huit manches à courir au total, dont cinq étapes de ralliement de Saint-Malo à Piriac-sur-mer en passant par Lézardrieux, Camaret, Larmor Plage et Quiberon. C'est une épreuve que j'adore courir, parce que le niveau est très relevé et qu'en double on mène vraiment le bateau à 100% de ses possibilités. En plus j’accède à un titre honorifique cette année : celui du plus grand nombre de participations. Jusque-là j'étais à huit, à égalité avec Nicolas Troussel et Eric Drouglazet mais comme eux deux ne courent pas cette année... Ce sera donc ma neuvième et je serai le plus expérimenté des anciens combattants sur l'épreuve. Je ne sais pas si c'est bon signe mais c'est comme ça ! »

 

Qu’aimes-tu tant sur ce Tour de Bretagne ? 

« J'adore particulièrement cette course parce qu'en double, on exploite à fond à la fois chaque partie du plan d'eau et tout le potentiel du bateau, ce qui n'est pas forcément le cas en solitaire. Sur le Tour de Bretagne, on n'est jamais sous pilote automatique : quand l'un des deux est à la barre, l'autre est à la table à cartes et étudie tout ce qui peut se jouer, y compris au ras des cailloux, dans des passages qu’on n’oserait pas en solo. Techniquement, tactiquement, stratégiquement c'est une super épreuve. Cette course d’une semaine est difficile... mais c'est aussi ce qui est bon. »

 

Pour espérer performer, le maître mot c'est la régularité ? 

« Exactement ! Il faut impérativement être régulier devant. Pas forcément gagner les manches mais ne jamais se rater. Voilà deux ans, Corentin Douguet et Christian Ponthieu ont gagné sans avoir remporté aucune manche. C'était le cas aussi pour moi en 2005 avec Gildas Mahé. Ce qu'il faut, c'est être bon tout le temps en sachant que le moindre mauvais résultat peut être rédhibitoire. C'est vraiment une course où c’est la régularité prime et c'est très dense, avec un programme touffu : si les étapes sont relativement courtes, on navigue tous les jours, parfois de nuit, ou avec des départs très tôt. Physiquement, il faut répondre présent aussi… Le fait d'être en double est très enrichissant : par exemple naviguer avec Fred qui est maître-voilier de métier est forcément un plus pour moi, on va encore beaucoup échanger. Et quand il sera à la barre - il est excellent barreur - moi je regarderai quels coups on peut tenter sur l'ordi. C'est une course vraiment géniale pour ça. »

 

La météo sera a priori tranquille, au moins pour les premiers jours de course...

« Oui, nous sommes sous régime anticyclonique donc ce premier week-end ne sera pas bien violent. On va avoir du vent de secteur Nord à Nord-Est faible le matin qui se renforcera un peu par effet thermique l'après-midi mais rien de bien méchant. Ce n'est pas mal pour un retour en douceur à la compétition après le break que j'ai fait depuis la fin de la Solitaire. On est ravis de reprendre du service à bord de Gedimat avec Fred et très motivés pour bien figurer. La dernière fois que j'ai rappelé un équipier pour la deuxième fois à bord de Gedimat, c'était Erwan Tabarly et nous avons gagné la Transat AG2R La Mondiale. Je me dis qu'il faut voir des signes positifs partout et que là vu que je rappelle Fred pour la deuxième fois également... Tout est possible. »

25/08/2017
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