Contrairement aux apparences, un bon galop de rentrée pour Chabagny

Une dépression orageuse et ses vents tournant dans tous les sens ont eu raison des espoirs de bon résultat de Thierry Chabagny, qui termine 12e de la Solo Concarneau-Trophée Guy Cotten. Un « milieu de tableau » il est vrai peu satisfaisant sur le papier. Mais à y regarder de plus près, aucune inquiétude à avoir car le skipper de Gedimat a de bonnes raisons d’espérer. En milieu de nuit dernière par exemple, à quelques heures de l’arrivée, il était encore en excellente position…

Partie jeudi après-midi, la Solo Concarneau s’est terminée ce samedi matin par la victoire d’Anthony Marchand, un des ténors de la classe, après que Charlie Dalin ait longtemps mené la danse. A bord de Gedimat, Thierrry Chabagny n’a pu faire mieux qu’une 12e place peu flatteuse sur le papier, dans le ventre mou du classement général (24 partants en solitaire). Pourtant à l’arrivée, le skipper de Gedimat était loin d’être abattu. Il commente : « dans les zones intelligibles du parcours, j’ai été plutôt bon… en revanche, j’ai été nul au casino ! (rires) ».

Explication : par deux fois Thierry Chabagny s’est vu en excellente position - peut-être pas pour remporter la course mais au moins pour finir dans les cinq premiers - jusqu’à la fin de nuit de ce samedi matin, quand une dépression orageuse au large de Penmarc’h a totalement redistribué les cartes. « Là j’ai perdu tout ce que j’avais gagné depuis plus d’un jour et d’une nuit » explique Thierry, « je me suis retrouvé dans une zone totalement sans vent et imprévisible, dans ce que le routeur Jean-Yves Bernot appelle à juste titre « le casino ». C’est comme ça, ça arrive. »

« Pas une minute de sommeil »

Malgré un deuxième départ manqué jeudi (le premier était excellent mais il y eut un rappel général), Thierry Chabagny avait pourtant fait parler sa vitesse et son talent au près en redescendant au sud de Belle-Ile lors de la première nuit de course, puis au portant en allant chercher le vent et la protection du courant en remontant sous spi dans du vent de secteur sud, à l’intérieur de la baie d’Audierne. « Je grignotais des places, je jouais des coups sans me préoccuper des autres et je pensais que l’option à terre allait même payer plus que ça à ce moment de la course où nous remontions vers Ouessant. ». Aux Pierres Vertes, la marque à virer au sud de Ouessant, Gedimat était encore dans le bon wagon, dans les sept premiers. Il l’était encore plus donc cette nuit avant Penmarc’h. « Un moment, je repars à 4 nœuds pendant que les bateaux de tête à un demi-mille devant moi sont arrêtés à zéro nœud. En clair je ressortais le premier de la pétole (absence de vent, ndr) et dans ces cas-là, très souvent quand tu en ressors le premier tu en gardes le bénéfice jusqu’à la fin… Mais là ça a été tout le contraire e je me suis de nouveau arrêté en reperdant des places, c’est pour ça que je parle de loterie ou de casino. »

Rien de bien grave donc, la Solo Concarneau n’était que le galop d’entraînement de cette saison 2018. On retiendra surtout que la carburation est bonne. Même sans nouvelles voiles, Gedimat va vite au portant, « n’est pas collé à la piste non plus au près » et tout fonctionne parfaitement à bord. De bon augure malgré tout donc en prévision de la Transat AG2R La Mondiale, où Thierry Chabagny et Erwan Tabarly défendront leur titre acquis en 2016. 

En attendant, le skipper de Gedimat est actuellement en train de prendre de longues heures de repos bien méritées. « Je n’ai pas dormi une seule minute pendant 48 heures et franchement, ça tire énormément sur l’organisme, à la fin je sentais bien que j’étais en souffrance. J’ai essayé deux fois pendant 20 minutes mais je n’ai pas trouvé le sommeil, la mer était assez mauvaise avec une houle résiduelle croisée avec le clapot du nouveau vent. Physiquement, c’était vraiment très dur. Quand tu ne dors pas pendant 24 heures, ça passe encore, mais 48 c’est vraiment trop… ». Pas d’inquiétude pour Thierry : sur la Transat en double, ce sera très différent : ce sera en double et la gestion du sommeil sur une course transatlantique de longue haleine est un paramètre qu’Erwan Tabarly et Thierry Chabagny maîtrisent parfaitement. Rendez-vous le 22 avril, donc, pour le départ de la grande aventure à destination de Saint-Barthélemy, la perle des caraïbes !

07/04/2018
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