Douarnenez Fastnet Solo 2017 : Beaucoup de près au menu

Dernière épreuve de la saison en Figaro Bénéteau 2, la Douarnenez Fastnet Solo s'élance dimanche à 16h du port breton pour un aller-retour via le mythique phare irlandais du Fastnet. Cargos, courants, algues et stratégie au programme de cette course en solitaire de 600 milles. Le skipper de Gedimat fait le point sur une situation météo qui promet beaucoup de bords de remontée au vent...

Comment se présente la météo pour cette dernière course de la saison ?

"Nous avons plutôt de la chance car contrairement à ce qui se passe sur l'ouest de la France depuis une dizaine de jours, on devrait finalement avoir une espèce de fenêtre plutôt favorable pour monter au Fastnet. Ce n'était pas gagné d'avance vu la saison ! Nous avons un anticyclone orienté du Nord au Sud qui bloque le train de dépressions - elles passent bien plus au Nord - ce qui fait que nous aurons du vent plutôt modéré : 15 à 18 nœuds au départ, mollissant 10 à 12 nœuds dès la première nuit de dimanche à lundi."


En revanche, ce vent viendra du Nord-Ouest, donc dans l'axe de la route, dans le nez…

"Oui, c'est ça, il y a beaucoup de près au menu ! On va naviguer énormément à cette allure sur cette course, et même dès le départ peut-être dans le chenal du Four, puis pour monter à la marque de passage du phare anglais de Wolf Rock. Il y a des chances qu'on doive faire du louvoyage jusqu'au Fastnet… et puis même en redescendant vers la Bretagne au retour ! Parce que l'anticyclone passe un moment sur la flotte - avec donc une période de vent mou à traverser - mais ensuite le vent rentre du Sud-Ouest… et est donc de nouveau dans l'axe de notre route ! J'ai l'impression qu'on ne va pas beaucoup utiliser les spis sur cette course, voire pas du tout ! Ce sera long, on fera plus de route que les 600 milles de la route théorique, mais il n'y a pas de phénomène dangereux. Juste un moment où le vent montera peut-être à 20 ou 25 nœuds, mais rien de méchant."


Qui dit beaucoup de louvoyage et de près dit qu'il peut y avoir du jeu, des coups à tenter...

"Oui… il ne faudra pas se tromper de bords, pas se tromper de côté. Notamment dès le départ dans le chenal du Four où tu peux facilement te faire décrocher si tu fais les mauvais choix et que ça passe du côté opposé au tien. Il faudra être vigilant et inspiré pour ne pas entamer ses chances dès les premières heures de course."


Combien de temps pensez-vous mettre à boucler la boucle ?

"A 48 heures du départ - ce qui veut dire que ça peut encore évoluer - les routages nous donnent un temps de course autour de quatre jours et six heures. Ce qui nous donnerait un retour à Douarnenez jeudi en début de nuit. Il y aurait donc trois nuits complètes de course à passer en mer, un peu comme une grande étape de la Solitaire du Figaro."


Les pièges principaux ?

"Bien gérer le courant d'autant qu'on attaquera le chenal du Four contre le courant avant une renverse dans la soirée qui nous aspirera dans la Manche ; faire attention au trafic et aux DST (les "rails" de séparation du trafic, interdits aux coureurs) ; bien surveiller et retirer les algues car il y en a beaucoup notamment en mer d'Iroise et en Manche. Il faudra aussi savoir dormir pour garder sa lucidité jusqu'au bout. Enfin, attention aux effets du courant quand on sera sur le retour par l'extérieur d'Ouessant. Car nous partons dans un petit coefficient de marée de 60 mais nous revenons avec une marée de 100… ce qui n'est pas du tout la même chose ! Le courant dans la phase d'arrivée pourrait bien devenir un paramètre important, surtout si le vent est faible."


Côté objectif, l'idée c'est de finir la saison sur une bonne note ?

"C’est exactement ça : finir sur une bonne note, bien naviguer, faire les bons choix… La concurrence est là au grand complet ou presque avec une vingtaine de participants, mais je suis motivé, j'ai confiance. C'est une belle course, ça me ferait plaisir d'accrocher le podium."

15/09/2017
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