Duel sudiste pour Gedimat aux Canaries !

Comme voilà deux ans sur cette même Transat AG2R La Mondiale, Thierry Chabagny et Erwan Tabarly mènent la danse aux Canaries, à égalité avec Adrien Hardy et Vincent Biarnes. Après moins six jours de course, le duel à l’avant entre Gedimat et Agri Recouvrement est toujours aussi intense et magnifique !
Crédit photo : Alexis Courcoux
Crédit photo : Alexis Courcoux

A peine six jours de course et ils sont déjà aux Canaries ! Le rythme est toujours plus que soutenu en tête de la Transat AG2R La Mondiale, dans le vent de nord-est et la mer formée qui imposent une conduite sous spi millimétrée. Comme voilà deux ans sur la même course et à bord du même bateau, c’est aux avant-postes que Thierry Chabagny et Erwan Tabarly traversent l’archipel espagnol, entre Fuerteventura et Gran Canaria. Leur classement officiel (4e) n’est en effet pas significatif car il privilégie la proximité de la route directe, alors que ceux qui ont l’avantage sont clairement les bateaux qui ont le plus gagné vers le sud. Et à 12h ce samedi Gedimat est à la même latitude que son grand adversaire depuis le départ de Concarneau : Agir Recouvrement. Ces deux-là sont les vrais meneurs de la Transat AG2R La Mondiale et ils sont quasi à égalité au cœur de l’archipel ! Leur duel est splendide, Gedimat ayant choisi une route plus proche des côtes de Fuerteventura, alors qu’Agir est davantage au milieu du couloir entre les deux îles. Ces deux équipages-là se rendent coup pour coup.

« Il faut être concentré et précis »

Crédit photo : Alexis Courcoux
Crédit photo : Alexis Courcoux

Erwan Tabarly a été joint ce matin par l’organisation de la course. L’occasion pour lui d’abord de rendre hommage à Charlie Dalin et Yoann Richomme, dont le Skipper Macif a démâté hier : « Nous sommes déçus pour Macif. Nous avons connu ça il y a deux ans, c'est pénible d'abandonner et de ramener le bateau. Ce n'est jamais agréable de voir un bateau sans mât… On n’est jamais à l’abri d’une casse matérielle.» Le co-skipper de Gedimat explique également que les conditions sont encore sportives sur la zone de course : « En ce moment, c'est toujours au portant sous spi. Nous avons 30 nœuds de vent établi avec des rafales à 35 voire 37 nœuds, ça déboule bien ! Il faut être assez concentré et précis à la barre car on peut vite faire une sortie de route.» Il y a encore quelques heures de vent fort et de mer formée à négocier avant de, normalement, bénéficier de conditions un peu plus clémentes, un peu moins exigeantes. Celles-ci seront les bienvenues après ces « runs » furieux sous spi, où le risque de sortie de piste est permanent.

Route Sud ?

Pour résumer, six jours après le départ, la situation de Gedimat est excellente : bateau à 100% et à la lutte pour le leadership. Erwan Tabarly a évoqué la suite de l’aventure à demi-mots, ce matin à la vacation : « Le vent va mollir après le passage des îles. Ce sera un moment qu'on attend car pour l'instant, les conditions demandent beaucoup d'énergie. Nous ne sommes pas trop fatigués, ça va… A priori, nous sommes partis pour faire une route sud après les Canaries. On va essayer de rester dans ce vent de nord-est le plus longtemps possible. Il faudra à un moment donné s'arrêter de faire du sud et partir vers l'ouest (pour la traversée de l’Atlantique). Il y aura donc des empannages à faire pour rester dans la pression et se rapprocher du but. » A quel moment faudra-t-il mettre le clignotant à droite ? C’est toujours la même question sur les transatlantiques en Figaro : la route nord, plus courte, offre souvent la possibilité de remonter au classement lors de la première semaine de traversée. Mais c’est souvent un leurre, car on a statistiquement avantage à aller chercher au sud un alizé plus soutenu qui permet d’aller beaucoup plus vite… Et dans de nombreux cas d’arriver avant les bateaux du nord à St Barth. Quel est le bon dosage entre la multitude de trajectoires qui se présenteront dans les jours qui viennent ? C’est la question qui hante déjà les marins de Gedimat et les autres. Parce que c’est d’elle que viendra un classement positif, ou pas, de l’autre côté de l’Atlantique. Pour le moment tout va pour le mieux pour Thierry Chabagny et Erwan Tabarly.

Transat AG2R La Mondiale  //  10/04/2016
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