En tête, Gedimat ne lâche rien !

Après avoir pris la tête la course hier vendredi, Thierry Chabagny et Erwan Tabarly ont réussi à se créer une poignée de milles d’avance sur Generali, leur plus proche concurrent. Leader, l’équipage de Gedimat est forcément attaqué de toutes parts, mais défend bien chaque longueur de bateau. Suspense au programme ce week-end.

Quelle course ! Gedimat est revenu aux commandes de la Transat AG2R La Mondiale depuis 24 heures, alors qu’ils n’étaient que cinquièmes voilà trois jours ! Thierry Chabagny et Erwan Tabarly ont même réussi à conquérir un petit matelas d’avance. Ils ont bien profité hier et cette nuit d’un peu plus de pression et d’un meilleur angle au vent (grâce au retour de leur très belle option au Sud) pour s’imposer aux commandes. Au classement de 16h aujourd’hui samedi, ils ont 6,3 milles d’avance sur Generali, 12,7 milles sur Agir-Recouvrement (qui glisse à la troisième place), 22,7 milles sur Bretagne-CMB et 31,6 milles d’avance sur Cercle Vert. Le vainqueur et assurément le podium de la Transat AG2R La Mondiale 2016 sont parmi ces bateaux qui ont une avance conséquente sur le reste de la flotte… Mais dans quel ordre franchiront-ils la ligne d’arrivée ?

Empannages à venir, ETA lundi matin

Crédit photo : Alexis Courcoux
Crédit photo : Alexis Courcoux

La réponse à cette question devrait intervenir lundi dans la matinée. Gedimat a encore 306 milles à couvrir (plus de 500 km) avant Gustavia et tient remarquablement la marée par rapport aux concurrents au Nord de sa route (Agir-Recouvrement et Cercle Vert) et dans son Sud (Generali et Bretagne-CMB). « J’espère qu’on ne finira pas tous bord à bord » dit Erwan Tabarly « mais ce scénario d’un final très serré est fort possible. Nous avons une petite avance mais nous n’avons plus de décalage latéral. Avec Thierry on ne s’emballe pas, on fait marcher le bateau le plus vite possible, on se bat… Et de toutes façons ce ne sera pas tout droit jusqu’à l’arrivée, il peut encore se passer beaucoup de choses ».

Il peut se passer beaucoup de choses parce le vent déjà pas vraiment régulier va tourner pour venir sur l’arrière des bateaux. Or dans cette configuration de plein vent arrière, les voiliers de course sont obligés de prendre de l’angle pour pouvoir avancer vite. Donc il faudra tirer au moins trois bords au vent portant et on sait que ce jeu peut entraîner des empannages stratégiques et chambouler les hiérarchies. C’est ce qu’explique Thierry Chabagny ce soir : « Il y aura au moins deux empannages à faire et il faudra bien les placer et bien se positionner par rapport aux autres bateaux. On ne sait pas si on les localisera à l’AIS car notre écart est en limite de portée de ce système qui permet de recevoir la localisation le cap et la vitesse des autres. »

Thierry et Erwan examinent de près maintenant les pointages : « On est très content d’avoir réussi à créer un petit matelas d’avance. Plus on en aura et mieux ce sera avant ces ‘jibes’, alors on ne lâche rien ! On fait avancer le bateau le plus vite possible dans une chaleur très forte, c’est un four à l’intérieur. Le vent n’est pas évident, car irrégulier en force et en direction, mais le moral est au beau fixe car on réussit encore à aller vite vers le but.»

C’est pour les nerfs des supporters de Gedimat que le week-end va être difficile. Car certes c’est déjà exceptionnel ce que font Thierry et Erwan, mais le plus difficile commence : concrétiser en moins de 48 heures le but d’une aventure sportive et humaine commencée il y a vingt jours à Concarneau. Gedimat est en tête à 300 milles de l’arrivée, à la hauteur de la Martinique c’est magnifique.  Maintenant il faut croire en ses chances et tout donner pour concrétiser sur le podium. “On est dans une bonne dynamique” résume Thierry Chabagny !

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