Entrée en matière musclée pour Gedimat et Thierry Chabagny

La première course du Figaro Bénéteau Gedimat cette saison s’annonce tonique, pour ne pas dire musclée. C’est en tout cas ce que prévoit son skipper Thierry Chabagny, à quelques heures du départ de la Solo Concarneau, 42e du nom.

Thierry, peux-tu nous expliquer le parcours de cette Solo Concarneau ? 

« Nous allons effectuer une boucle de 260 milles nautiques : départ de Concarneau, descente vers la marque Sud Guérande, remontée par l’intérieur de Belle-Ile, puis le phare des Birvideaux, passage à l’extérieur des Glénan, la chaussée de Sein jusqu’aux Pierres Vertes (Ouessant) et retour à Concarneau via le raz de Sein, Penmarc’h, le Sud des Glénan et la bouée de la Voleuse… C’est très complet, sur un terrain de jeux que la plupart des 24 engagés en solitaire connaissent bien. »

 

Quelle est la météo prévue ?

« Après les dépressions de mercredi, le vent repassera au Sud/Sud-Est et c’est globalement ce secteur de vent que nous devrions avoir pendant toute la course, avec toutefois d’importantes variations. Au moment du départ à 15h08 exactement, il n’y aura probablement que 15 nœuds de vent mais il va très vite forcir en soirée et dans la nuit : 25 nœuds prévus par les fichiers – ce qui veut dire probablement 30 nœuds en réel sur l’eau. Le vent devrait mollir légèrement vendredi en journée, mais forcira de nouveau dans la deuxième nuit de course et samedi matin, quelques heures avant l’arrivée. »

 

Autrement dit la course s’annonce musclée...

« Ah oui, pour ma première course en Figaro cette saison, disons que ça s’annonce tonique… Et que je ne vois pas bien à quel moment nous allons pouvoir dormir quelques minutes ! Peut-être quand nous affalerons les spis après les Pierres Vertes pour redescendre au près. Mais il faudra vraiment beaucoup barrer et se battre sur chaque longueur de bateau pour espérer performer, tirer les bons bords et aller vite. La mer sera probablement assez chahutée, avec l’addition de la mer résiduelle due au passage des premières dépressions de la semaine plus le clapot créé par le nouveau vent. Ce ne sera pas forcément confortable mais ça promet de pouvoir se jauger à toutes les allures : sans doute sous spi après Guérande où nous devrions passer vers 4h du matin dans la nuit de jeudi à vendredi, puis tout le retour de Ouessant vers Concarneau, qui se fera probablement au près. Ce sera intéressant. »

 

Tu mises sur environ 48 heures de course ?

« Oui, en gros c’est ça : nous devrions être de retour à Concarneau samedi midi, après avoir passé donc deux nuits en mer. Un peu comme sur une étape de la Solitaire. C’est d’ailleurs un très bon entraînement, c’est exactement ce que je viens chercher sur cette course que j’aime beaucoup (la première fois que j’y ai participé c’était il y a 21 ans, je n’étais pas encore skipper professionnel et j’avais terminé 2e). L’intérêt c’est de retrouver en compétition les sensations et tous les réflexes de la navigation en solitaire à bord de Gedimat. »

 

Comme toujours la concurrence est rude… à commencer par un certain Erwan Tabarly avec qui tu t’es entraîné cet hiver et avec qui vous allez ensuite tenter de conserver votre titre sur la Transat AG2R La Mondiale...

« Oui, il y a du beau monde, c’est certain, et pas seulement Erwan ! Un grand nombre des favoris de la Solitaire sont présents sur cette course qui se joue dans les eaux où on s’entraîne toute l’année. De mon côté, j’ai déjà terminé plusieurs fois sur le podium mais jamais à la première place… Alors ça me ferait bien plaisir de performer à nouveau sur cette course que j’aime bien ! »

05/04/2018
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