Et maintenant cap sur le Fastnet !

Troisième du Tour de Bretagne avec Frédéric Duthil à bord de Gedimat, Thierry Chabagny revient sur cette bonne performance et se projette sur la dernière course de la saison : la Douarnenez Fastnet Solo. Une nouvelle épreuve de large, longue de 600 milles, qui consiste comme son nom l’indique à aller virer le mythique phare Irlandais et revenir. Du costaud…

Samedi avec Frédéric Duthil vous avez finalement décroché la troisième place au classement général du Tour de Bretagne. Ce podium de plus est un très bon résultat…

« Dans l’absolu et vu le niveau très élevé de la concurrence c’est évidemment un bon résultat, d’autant que nous avons été bien dans le coup sur la plupart des manches courues et en terminant tout de même trois fois sur le podium dont une victoire sur sept manches courues. Même si nous venions avec l’ambition de gagner ce Tour de Bretagne et que nous aurions évidemment aimé pouvoir conserver la deuxième place, on ne va pas faire la fine bouche. Nicolas Lunven et Gildas Mahé ont été très bons, ils méritent largement leur victoire, bravo à eux. Nous avons commis quelques erreurs et parfois manqué aussi un peu de réussite mais sur 80% du temps nous étions en phase avec Fred, dans le bon tempo, avec la bonne vitesse. C’est ce qu’on va retenir de cette épreuve et de ce podium sur une des plus belles épreuves du circuit. Au fil des éditions, j’aurai d’ailleurs visité toutes les marches de ce podium, de la première à la troisième. J’aime bien cette course ! »

 

Ce bon résultat a une autre vertu : il te permet de regagner deux places au classement général du Championnat de France Elite de Course au Large et de revenir dans le Top Ten, à la neuvième place…

« Ah oui ? Je n’avais pas encore regardé le classement du Championnat mais c’est une très bonne nouvelle ! Cela me donne encore un peu plus de motivation pour la dernière course de la saison, qui va être passionnante… et longue ! C’est une toute nouvelle course, la Douarnenez Fastnet Solo. Et c’est le parcours d’étape le plus long de toute l’année, avec ses 600 milles non stop en solitaire. On part le 17 septembre et on en a pour quatre à cinq jours et nuits de mer en solo devant nous. Il faudra être costaud pour bien figurer sur ce genre d’épreuve, d’autant que c’est la finale du Championnat de France et qu’elle compte double (coefficient 2 ndr, alors que le Tour de Bretagne est de coefficient 1, la Solitaire de coefficient 6 etc.). Si je peux aller y chercher un bon résultat, ça pourrait aussi me faire grignoter quelques places au général du Championnat de France… Mais c’est d’abord une belle course en elle-même ! »

 

Toute l’élite des marins de la classe Figaro Bénéteau, une vingtaine de participants au total, est en effet inscrite. Un mot sur le parcours ? 

« Le parcours est donné dans le nom de la course ! Il s’agit de partir de Douarnenez, d’aller virer le célèbre phare du Fastnet au Sud-Ouest de l’Irlande et de revenir à Douarnenez sans faire escale dans les pubs irlandais. A l’aller, nous devons d’abord aller virer le phare de Wolf Rock en Angleterre, que tous les Figaristes connaissent bien et qui s’avère souvent assez technique. Au programme on a donc la Manche et la mer Celtique, à l’aller comme au retour. Cette course a été conçue pour devenir une grande classique et je pense qu’elle va l’être dès cette première édition 2017. Ce sera forcément difficile, que l’on soit mi-septembre en régime dépressionnaire avec du vent et de la mer ou à contrario sous régime anticyclonique où il faudrait alors affronter l’inverse c’est-à-dire le possible manque de vent. »

 

Quels sont les possibles pièges et passages difficiles de cette Douarnenez Fastnet Solo, sur le papier ? 

« Le courant, le trafic, les effets de site sont quelques-uns d’entre eux. Il faudra notamment bien négocier le chenal du Four d’entrée de jeu, inclure dans sa trajectoire les interdictions de passage dans les DST (Dispositifs de Séparation du Trafic commercial, anciennement appelés les « rails » comme celui de Ouessant), faire attention aux cargos. Etre inspiré sous les côtes anglaises puis sous celles de l’Irlande. Une des données importantes sera le fait de réussir à bien se reposer pour bien gérer la durée de la course, car 600 milles cela impliquera peut-être quatre nuits en mer. Pour donner une idée c’est l’équivalent de deux petites étapes de la Solitaire du Figaro mises bout à bout et comme toujours dans le demi-fond en solitaire, il faudra être particulièrement attentif à la gestion du sommeil et de la fatigue. Quand on sait rester lucide, on fait moins de bêtises normalement. C’est ce qu’on répète souvent mais c’est une composante essentielle de ce genre de classique en solitaire. Parfois, il faut se forcer à dormir quelques minutes même si le tempo de la course exigerait qu’on reste éveillé pour aller vite au bon endroit. Après, comme toujours il faudra un peu de réussite. »

 

C’est assez motivant comme parcours, non ? C’est tout sauf une « petite course » de fin de saison ?

« Exactement ! Pour ma part j’ai envie de finir cette saison 2017 sur une bonne note. Quand je vois que j’arrive à me hisser dans le Top Ten malgré un abandon sur la Solo Normandie et une Solitaire où je n’ai pu réellement défendre mes chances que sur les deux dernières étapes – après avoir subi des avaries techniques sur les deux premières - je me dis que ma saison est plutôt réussie malgré ces pépins techniques. Si je pouvais terminer sur le podium de cette course aussi et du même coup terminer encore mieux classé au Championnat de France, ce serait parfait. Enfin, gagner ce serait parfait mais ça, ça se décide rarement à l’avance ! »

 

 

Calendrier de la course
13 au 15 septembre : mise à disposition des bateaux pour contrôles de jauge
16 septembre : prologue et parade en baie
17 septembre, 16 heures : départ de la Douarnenez Fastnet Solo – Douarnenez – Wolf Rock – phare du Fastnet et retour. Soit 600 milles de course. Parcours de substitution vers la bouée BXA (entrée de la Gironde) suivant les conditions météo.
20 ou 21 septembre : arrivée estimée de la Douarnenez Fastnet Solo
22 septembre : postlogue
23 septembre : remise des prix et proclamation des résultats du Championnat de France de Course au Large.

06/09/2017
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