Etape 1 - Pauillac/Gijon : « A priori beaucoup de près au menu »

La première étape de La Solitaire URGO Le Figaro entre Bordeaux et Gijon, via une première montée vers la Bretagne, ne sera pas qu’une partie de plaisir. Beaucoup de louvoyage et de navigation près du vent au programme estime le skipper de Gedimat, qui vient par ailleurs de se hisser à la deuxième place de la finale des runs.

A deux jours du départ, dans quelles conditions météo celui-ci pourrait-il être donné dimanche, pour cette première étape de 525 milles qui vous mène en Bretagne avant de redescendre vers Gijon, en Espagne ?

« J’étudie ça de près. Les modèles ne sont pas encore tout à fait d’accord et cela peut évoluer encore d’ici dimanche, mais on devrait avoir du vent sur le départ, du Nord-Ouest, d’environ 15 nœuds. Cela impliquera sûrement une sortie du fleuve au près, probablement au louvoyage près des berges dès le départ avant de pouvoir gagner le centre du chenal pour profiter du courant quand il deviendra favorable. »

 

Cette première partie d’étape, qui consiste à s’extraire du fleuve, est très technique. Est-elle aussi risquée ?

« Oui c’est tendu, car tu peux te retrouver au ras des berges à tirer des bords pour te protéger du courant... Et nous serons 43 bateaux là-dedans avec beaucoup de marques de parcours à respecter. Il y a du stress car justement, du fait du courant, si tu rates une marque c’est mort, c’est quasiment impossible de revenir en arrière pour la repasser. Il y a aussi la crainte de taper un autre bateau. Et il faudra bien sûr faire très attention aussi à ne pas s’échouer. Il ne faut pas oublier de checker très régulièrement la cartographie pour pouvoir arriver sans pépin et si possible bien placé en sortie de l’estuaire. J’ai déjà fait deux départs ici et c’est toujours un peu chaud. »

 

Ensuite ?

« Nous sortons par la passe Sud et nous devons laisser sur tribord le célèbre phare de Cordouan avant d’aller chercher une bouée dans l’Ouest, la bouée BXA, où nous devrions être dimanche soir. Rien que la partie fluviale peut nous prendre trois à quatre heures. Là nous aurons eu 20 nœuds de vent de Nord-Ouest peut-être, mais qui va d’abord tourner à l’Ouest en mollissant dans la nuit avant de revenir au Nord-Ouest et de reprendre de la vigueur. »

 

La remontée vers la chaussée de Sein se fait donc aussi au près ?

« Oui, au moment où on parle, a priori nous allons faire beaucoup de près sur cette étape ! Ce vent est engendré par une dorsale anticyclonique dans le golfe de Gascogne. Ce sera technique et c’est typiquement le genre d’étape qui peut entraîner des écarts. Pour pimenter un peu, il y a un petit minimum dépressionnaire au niveau de la Bretagne qui peut nous donner du vent soutenu : 25, peut-être 30 nœuds. A cette hauteur, on verra si on tient encore le génois ou s’il faut passer sous solent. Et comme le vent tourne dans le timing de la chaussée de Sein, on risque d’être au travers et pas vraiment au portant pour la descente. Il y aura très peu de portant sur cette première étape... Et s’il y en a ce sera peut-être aussi au prix d’une belle pétole à quelques milles de Gijon. »

 

Mais avant, pendant la descente vers le Sud, vers l’Espagne ? 

« Il faudra franchir la dorsale, peut-être en faisant ce qu’on appelle une aile de mouette dedans, c’est à dire de rentrer dedans sur un bord et de virer au bon moment, celui où tu juges que tu auras le meilleur compromis entre la force du vent et l’angle que tu recherches. C’est un des scenarii possibles en tout cas. Il est à prendre avec des pincettes car les modèles ne sont pas tout à fait d’accord entre eux sur la position de cette dorsale. »

 

Pas vraiment une étape facile, si l’on comprend bien... 

« Il y a plus de 500 milles de course et la présence de cette dorsale... Donc ce ne sera pas facile du tout !  Il faudra comprendre très rapidement ce qui se passe, bien sortir de la première partie d’étape et le maître mot sera d’aller vite... aller vite... et encore aller vite ! »


02/06/2017
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