Final à suspense pour Gedimat

Thierry Chabagny et Erwan Tabarly ont réussi à protéger le côté Sud. Ils ont chuté en 5e position au classement, mais les marins de Gedimat espèrent récolter les fruits de leur investissement à partir de demain mercredi, cinq jours avant l’arrivée prévue à St Barth. Le suspense va durer jusqu’au bout.
Crédit photo : Alexis Courcoux
Crédit photo : Alexis Courcoux

A un peu moins de 1200 milles de l’arrivée à Gustavia, prévue lundi dans la journée, la semaine va être difficile pour les nerfs des supporters de Gedimat. Thierry Chabagny et Erwan Tabarly ayant choisi d’investir dans le Sud – donc en s’éloignant de la route directe – ils ont logiquement reculé au classement provisoire, où Gedimat émarge en 5e position aujourd’hui mardi. Rappelons que ce classement est calculé en termes de distance au but alors que comme l’expliquait Thierry Chabagny hier, ce qui intéresse avant tout les marins c’est la route météo.

Thierry Chabagny a été questionné à ce sujet en direct ce midi par la grande navigatrice Isabelle Autissier, une des héroïnes du Vendée Globe. Isabelle Autissier a posé au skipper de Gedimat les questions suivantes : « Comment vois-tu les quelques jours qu’il reste en course ? Est-ce que vous vous concentrez sur la vitesse, la tactique ou est-ce qu’il y a encore quelque chose qui ressemblerait à des options à jouer ? » Les réponses de Thierry Chabagny ont été claires : « Ça commence un peu à se dessiner. Chacun est en train de se positionner pour le bord final. Nous avons clairement choisi la partie Sud du plan d’eau, Gildas Morvan est dans la partie Nord, d’autres sont dans une partie intermédiaire. On verra sur le dernier bord qui a eu raison de faire cet investissement sur cette première partie de semaine. On devrait savoir à partir de jeudi ou vendredi qui a fait les bons choix. »

Tôt ce matin à la vacation officielle, Erwan Tabarly avançait même « Il y a du jeu, du match, c'est intéressant ! On tente quelque chose pour ne pas rester calés derrière Agir Recouvrement. A partir de demain (mercredi) on devrait récupérer les milles perdus… » Qui aura raison donc, au moins entre les cinq bateaux qui ont le plus gagné vers l’Ouest mais qui ne sont pas du tout aux mêmes latitudes, avec beaucoup d’écart latéral ? La route Nord finira-t-elle réellement par « coincer » comme le prédisaient les fichiers météo, sachant que la réalité des conditions sur l’eau est visiblement bien différente de celle annoncée par les prévisions ? Les dés sont jetés dans ce positionnement pour l’emballage final. A partir de demain il faudra surveiller de très près les pointages pour voir qui perd et qui gagne en distance vers l’arrivée.
 

En attendant, dans un alizé modéré et une mer toujours bouillonnante, curieuse et inconfortable, il faut faire avancer le plus vite possible le bateau, sans relâche. C’est aussi ce qu’expliquait Thierry Chabagny à Isabelle Autissier ce midi : « La recherche de la vitesse est permanente. Quel que soit le choix que tu fais, il faut toujours aller vite. C’est une règle d’or en Figaro Bénéteau 2 : il faut aller vite au bon endroit, dans tous les cas. C’est un travail de chaque instant, à la barre avec l’écoute dans les mains, tout en essayant d’enlever les algues, d’optimiser le placement des poids à bord… » Tout sauf de la croisière, on est bien là dans le domaine du détail et de l’exigence de perfection du sport de haut niveau.

Par ailleurs, il n’y a pas de souci à se faire sur la vie à bord de Gedimat assure Thierry Chabagny : « Avec Erwan ça se passe très bien parce qu’on se connait très bien, on a déjà participé à cette course il y a deux ans ensemble et on est amis dans la vie donc on se connait bien. On connait chacun nos défauts et nos qualités donc il n’y a aucun malentendu sur quoi que ce soit : on est toujours dans la discussion pour les choix et puis on sait tous les deux faire marcher un Figaro 24 heures sur 24, il n’y a vraiment aucun souci à ce niveau-là. » Ce qui n’est pas forcément une évidence après 16 jours de mer et de vie commune dans l’espace restreint qu’offre un petit bateau de dix mètres !

Transat AG2R La Mondiale  //  19/04/2016
Article précédent : « Thierry Chabagny : "On y croit toujours !" »  //  Article suivant : « Thierry Chabagny : "Tout peut se jouer le dernier jour" »