Gedimat à la bagarre dans le Top 10

Repartie de Concarneau hier pour une 3e étape de 400 milles avec de nombreux pièges côtiers à destination de Torbay en Angleterre, la flotte de la Solitaire a passé ce midi l’île de Sein et contournait Ouessant quatre heures plus tard. Gedimat est bien placé, dans le petit groupe de tête.

Thierry Chabagny a pris un bon départ hier après-midi à Concarneau, passant la bouée Radio France en onzième position. Le skipper de Gedimat s’en est très bien sorti aussi ensuite, quand il a fallu d’abord descendre au vent portant sous spi vers l’île de Groix puis au phare des Birvideaux (au nord de Belle-Ile), avant de remonter vers le nord, au près, vers la pointe de Penmarc’h, la baie d’Audierne, puis l’extérieur des îles de Sein et Ouessant. Dans ce premier quart d’étape, très technique, les Figaristes confirmés, dont fait partie Thierry, ont montré tout leur savoir-faire, sur un terrain de jeux qu’ils connaissent parfaitement car il s’agit, pour beaucoup d’entre eux, des eaux où ils s’entrainent toute l’année.

Thierry Chabagny dans le bon rythme

Gedimat est parfaitement dans le match, au cœur du petit groupe de tête. A 11h07, Thierry Chabagny passait la bouée « Occidentale de Sein » en dixième position, juste devant Yoann Richomme et Sébastien Simon, le jeune vainqueur de l’étape de Concarneau. Il n’y avait que très peu d’écarts encore parmi ces leaders où on retrouve la plupart des concurrents directs de Thierry au classement général, à l’exception d’Alexis Loison, qui est légèrement en retrait. A Sein, le leader Gildas Morvan n’était passé que 12 minutes avant Gedimat. Mieux valait être devant d’ailleurs, comme l’avait expliqué Thierry Chabagny avant le départ, car avec un coefficient de marée de 90, le courant est une donnée essentielle de cette étape. On s’en rendait bien compte peu après 15 heures, quand les premiers contournaient Ouessant à des vitesses parfois supérieures à 10 nœuds. De nombreux petits coups stratégiques étaient tentés ici et là dans la flotte pour profiter au mieux de « l’effet tapis roulant » du courant de marée. Environ 150 milles avaient alors déjà été couverts par Gedimat et ses camarades de course. Vers 15h30, Thierry Chabagny naviguait par le travers du célèbre phare du Créac’h, à moins d’un mille du leader Gildas Morvan. Il était toujours dans le petit paquet de 11 bateaux qui ouvre la marche. Il leur faut maintenant trouver la meilleure route pour aller longer les côtes de Bretagne nord et aller virer l’île de Batz, avant de s’attaquer à la traversée de la Manche proprement dite vers le phare anglais de Wolf Rock. Il y a encore 250 milles de vents faibles, de courants, d’algues, de positionnements stratégiques et de jeux dans les cailloux à couvrir avant de couper la ligne d’arrivée de Torbay, en Angleterre. La grosse bagarre ne fait que commencer. Pour l’instant le skipper de Gedimat l’a très bien entamée, il a même signé un des tous meilleurs contournements de Ouessant : à 15h45 Thierry Chabagny avait repris deux places et était classé 8e à 0,8 milles du leader. Quasi bord à bord avec Gwénolé Gahinet, il pouvait mettre le cap au Nord-Est pour revenir vers les côtes bretonnes. La soirée promet d’être spectaculaire, car des cailloux et du courant il y en aura beaucoup d’ici l’île de Batz. « Ce sera une vraie grosse étape pour Figaristes bretons » plaisantait Thierry Chabagny à Concarneau. Il avait raison.

Solitaire du Figaro Eric Bompard cachemire  //  15/06/2015
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