Gedimat dans le trio de tête

Thierry Chabagny avait prévenu : il ne fallait pas se rater sur les premières heures de course. Avec Erwan Tabarly ils ont mis cette exigence en pratique : après 24 heures de course dans la Transat AG2R La Mondiale, le Figaro Gedimat est à la bagarre pour le leadership. Premiers ce matin, deuxièmes ce midi… tout va bien à bord !
Crédit photo : Alexis Courcoux
Crédit photo : Alexis Courcoux

Elle était musclée cette entame de course ! Au près, dans du vent soutenu de plus de 30 nœuds et une mer formée, il a fallu batailler contre les éléments pour se hisser et rester aux avant-postes de la course partie hier dimanche de Concarneau à destination de Saint Barth. Les rares duos qui ont pu être joints par l'organisation de la course faisaient état de conditions vraiment difficiles, bateau très gité, "en mode escalade dans le cockpit". Le premier front a été sévère, mais à bord de Gedimat, les très expérimentés Thierry Chabagny et Erwan Tabarly ont fait mieux que bien s'en sortir : ce lundi matin au classement de 8h, Gedimat était tout simplement en tête de la Transat !

Une autre difficulté attend les deux hommes de Gedimat et les 14 autres tandems engagés dans la course : dès cet après-midi, il faut composer avec le passage dans le centre de la dépression… Une zone météorologique où il est bien connu que les vents sont faibles, voire très faibles. Vaut-il mieux aborder ce centre par son côté Est - comme le fait Gedimat - ou par l'Ouest ? Il y a toutes les nuances dans la flotte qui est déjà relativement étalée en écart latéral sur la route qui mène vers le passage du cap Finisterre, au milieu du golfe de Gascogne. Personne ne s'enflamme sur sa position alors que les vitesses des bateaux commencent à se réduire ce lundi midi, aux environs de 5 nœuds, voire moins.

Thierry Chabagny : "une mise en bouche salée !"

Crédit photo : Alexis Courcoux
Crédit photo : Alexis Courcoux

Dans un mail reçu ce midi, Thierry Gedimat confirme : "Bonjour à tous, le début de course a été sympa dans la baie de Concarneau et nous avons eu une belle soirée derrière ! En revanche la première nuit a été difficile, avec du vent jusqu'à 32 nœuds, une mer pourrie avec une grosse houle d'ouest qui se cumulait avec la mer, du vent de sud… bref la mise en bouche a été salée ! Maintenant, nous sommes dans du petit temps et on essaie de sortir d'une zone de molle avec de gros grains, pour toucher le vent de nord-ouest derrière. Nous sommes à la bagarre avec Skipper Macif et Bellocq Paysages – Saveurs de Cornouaille. Physiquement, nous sommes un peu fatigués après cette première nuit… On va essayer de se reposer et de se refaire une santé avant peut-être d'envoyer le spi la nuit prochaine. A part ça tout va bien à bord et nous sommes contents de notre position !"

A bord de Gedimat, Thierry Chabagny et Erwan Tabarly ont en tout cas appliqué à la lettre la stratégie qu'ils évoquaient samedi, veille du départ, à savoir "gagner dans le sud le plus vite possible". Ils font effectivement partie ce lundi en début d'après-midi des trois équipages qui ont le plus gagné de terrain vers l'Espagne.

Cette stratégie sera-t-elle payante une fois cette zone de transition passée ? C'est toute la question du jour, qui ne trouvera sa réponse qu'au passage du cap Finisterre voire un peu après, quand on sera en mesure d'évaluer la progression des bateaux au large des côtes du Portugal. Pour le moment l'essentiel est là : Gedimat mène la danse. Cette Transat AG2R La Mondiale ne pouvait donc mieux débuter pour Thierry Chabagny et Erwan Tabarly. Au pointage de 12h, Gedimat était classé deuxième à un demi mille des leaders. Le trio de tête tenait en moins d’un mille, et il y avait ensuite un petit « trou » de 4 milles de distance au but pour voir apparaître le quatrième duo composé de Nicolas Lunven et Gildas Mahé (Generali).

Transat AG2R La Mondiale  //  04/04/2016
Article précédent : « Gedimat se recale dans le sud-ouest avant le cap Finisterre »  //  Article suivant : « Thierry Chabagny : "Les 48 premières heures seront très importantes" »