Gedimat mise sur sa vitesse pour un final à suspense

Enfin ils ont pu mettre le cap sur Saint Barthélemy et cesser de descendre vers le sud. En ce moment, Gedimat est l’un des plus rapides de la flotte. Thierry Chabagny et Christopher Pratt savent que la bataille pour le podium sera acharnée durant les 1000 derniers milles de course. Thierry Chabagny joint ce matin, raconte.

« Depuis hier après-midi nous faisons quasiment route directe vers Saint Barth et cela fait du bien d'arrêter de descendre et de progresser vers le sud ! Avec Christopher nous avons le moral car nous sommes les plus rapides depuis quelques pointages. Nous grapillons des milles petit à petit et si Cercle Vert et Nacarat semblent avoir maintenant un matelas suffisant pour se disputer la victoire - encore qu'à plus de 1000 milles de l'arrivée il ne faut jurer de rien - nous sommes toujours dans le match pour un bon résultat. Nous nous battons, mais nous savons aussi que nous sommes au moins cinq ou six bateaux à avoir les moyens d'aller chercher la dernière marche du podium ! »

Vous êtes légèrement décalés dans le sud. Est-ce une situation intéressante ?

« En ce moment oui car nous reprenons du terrain. C'est maintenant que nous devons avoir notre retour sur investissement. Nous ouvrons grand notre sac à pièces d'or et nous espérons qu'elles vont y tomber ! Depuis le début nous sommes en duel avec Skipper Macif, de Fabien Delahaye et Paul Meilhat et c'est bien parti pour durer jusqu'au bout! J'espère qu'on les empêche de dormir, parce que pour l'instant nous avons gagné tous nos duels contre eux. Nous savons que nous sommes rapides : il n'y a que Cercle Vert qu'on n'a pas pu reprendre en vitesse pure sur des bords qui allaient tout droit. Mais c'est maintenant que nous devons tenter de récupérer le maximum de terrain, jusqu'à demain soir je dirais, car ensuite ce sera une course de vitesse, de conduite sous spi. Il ne faudra pas le déchirer, être frais et lucides pour tenter une belle place grâce à notre vitesse qui est excellente. Christopher est à la barre, il fait avancer le bateau. Et comme nous avons des goûts musicaux similaires, celui qui est à la table à cartes fait un peu le DJ pour l'autre ! J'allais lui mettre de la musique quand vous avez appelé. »

Que pensez-vous de votre positionnement ?

« En ce moment, nous sommes clairement mieux ici qu’ailleurs. Mais comme notre écart en latitude avec Nacarat n’est pas énorme, une vingtaine de milles environ, il faudra attendre demain soir pour vraiment juger des écarts à l’approche de St Barth. Je pense que nous sommes plutôt bien car il semble y avoir un peu plus de vent là où nous sommes. Mais six bateaux au moins ont la même envie, le même objectif, ce sera donc forcément difficile et tout peut arriver...  On verra bien, mais la bataille est énorme : on voit des bateaux revenir de nulle part, des différences de vitesse suivant les latitudes. Cette seconde partie de course est incroyable ! »

Quand pensez-vous franchir la ligne d'arrivée?

« Nous passerons demain sous la barre des mille derniers milles. Notre estimation ne varie pas tellement, on table sur une arrivée dimanche dans la soirée ou lundi. Car le vent devrait se renforcer dans 48 heures et nous irons plus vite, avec peut être des moyennes de 11 ou 12 nœuds au lieu de 8,5 en ce moment. Ce sera une belle bagarre ! »

Pour finir, comment est la vie à bord de Gedimat?

« Il fait une chaleur étouffante et j'ai peur que l’on soit en plus obligés de remettre les cirés et de refermer les hublots du bateau quand le vent se renforcera. Heureusement, nous avons bien géré nos réserves d'eau douce. J'ai pu prendre une douche d'eau de mer et me rincer à l'eau douce hier. C'était ma première "vraie" douche depuis 17 jours et ça fait un bien fou ! A part ça nous avons inventé un petit en-cas sympathique pour l'apéro : pain d'épices-pâté Hénaff... Eh bien à la surprise générale, c'est très bon ! Nous vous le conseillons ! »

Transat AG2R La Mondiale 2012  //  08/05/2012
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