Meilleure performance sur 24 heures : Gedimat !

Thierry Chabagny et Erwan Tabarly viennent de signer une journée magnifique : entre hier à 12h et ce jeudi même heure, ils ont couvert 283,4 milles ! Gedimat est de nouveau bien installé dans le trio de tête – oscillant entre la 2e et la 3e place - et file sous spi dans des vents puissants au grand large de Lisbonne. Quel superbe début de course !
Crédit photo : Alexis Courcoux
Crédit photo : Alexis Courcoux

Parcourir l’équivalent de 525 kilomètres en une seule journée sur un bateau à voile de 10 mètres n’est pas donné à tout le monde. Seuls des Figaristes de grande expérience sont capables de tenir le spi dans une mer formée et des vents pouvant atteindre les 40 nœuds. C’est ce que font en ce moment Thierry Chabagny et Erwan Tabarly à bord de Gedimat, confirmant qu’ils sont parmi les grands animateurs de cette première semaine de course où ils n’ont pas quitté les avant-postes.

Aujourd’hui donc, les « Gediboys » viennent de cueillir leur première récompense officielle sur cette Transat AG2R La Mondiale 2016. Ils ont conquis le « Trophée de la Performance » récompensant le bateau le plus rapide sur 24 heures avec 283,4 milles parcourus. C’est impressionnant et cela illustre bien l’accélération du rythme le long du Portugal, puisque les trois Trophées précédents délivrés depuis le départ étaient respectivement de 152, 154 et 128 milles par jour. Gedimat est à fond !

Thierry Chabagny : "dans 40 noeuds, tu serres les fesses..."

Crédit photo : Alexis Courcoux
Crédit photo : Alexis Courcoux

Joint par l’organisation de la course, Thierry Chabagny raconte l’ambiance très sportive à bord : « Nous sommes sous spi, route plein sud, on a jusqu'à 40 nœuds de vent dans les rafales et une mer formée. C'est un vent de nord-nord-ouest, fort et froid. On glisse avec lui vers le sud depuis 24 heures. On se relaie beaucoup à la barre, c'est éprouvant, car il faut rester concentré. » Au classement, Gedimat a regagné beaucoup de terrain suite à ces dernières 24 heures parfaites : au pointage de 16h le bateau était classé troisième et avait repris beaucoup de terrain (une petite dizaine de milles) au toujours leader Generali. Celui-ci n’est plus que 4,9 milles devant et semble un peu moins rapide en ce moment.

Thierry Chabagny raconte que tout ça ne se fait pas sans émotions : « Le bateau se comporte plutôt pas mal… Ceci dit quand ça monte à 40 nœuds, tu serres les fesses ! Nous sommes sous petit spi depuis hier soir car tenir le grand spi dans ces conditions serait trop chaud, d’autant que les nuits sont noires. Au-delà de 30 à 33 nœuds, le grand spi est trop dangereux. »

Du côté de la vie à bord, Thierry Chabagny et Erwan Tabarly filent toujours la parfaite entente. « Avec Erwan, ça va nickel. On est un peu fatigués, mais l'ambiance est bonne, on est content même si on aimerait avoir plus chaud ! » Et s’il concède que sortir du golfe de Gascogne passait un peu mieux à l’ouest que sur leur trajectoire, Thierry Chabagny est confiant sur la suite du scénario : « Nous devrions faire un empannage ou deux, mais nous sommes déjà calés sur une route plein sud. On commence à avoir une idée pour le passage des Canaries. Nous suivons ça avec attention parce que ça peut bouger, mais avec Erwan nous commençons à cerner l'histoire… » Le skipper de Gedimat n’en dira pas plus, mais dans le match acharné que se livrent les quatre bateaux de tête (il y a davantage d’écart dès le 5e), chacun commence à réfléchir à la stratégie à moyen terme. L’obsession est claire, il s’agit de faire partie des meilleurs au passage des Canaries, avant le virage à droite pour la grande traversée de l’Atlantique.

Transat AG2R La Mondiale  //  07/04/2016
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