Peut-être consulter un numérologue ?

La première nuit dans un vrai lit après plus de 23 jours de mer a été réparatrice. A peine sorti de ce sommeil, Thierry Chabagny fait un premier bilan de cette Transat AG2R qui s'est achevée hier à Saint Barthélemy avec une belle sixième place. Même si avec Christopher Pratt ils espéraient un tout petit mieux.

A l'arrivée tu as parlé d'une sorte de malédiction avec le chiffre 6. Pourquoi ?

"Parce que sur cinq participations à cette course, j'ai terminé trois fois sixième ! Qu'au Trophée BPE j'ai fini sixième aussi et que quand j'ai couru Cap Istanbul - déjà à bord de Gedimat avec Armel Tripon - nous avions terminé... sixièmes. Je commence sérieusement à me poser la question de savoir si je dois consulter un numérologue ! C'est incroyable tout de même ! Méfiance donc sur la prochaine Transat AG2R La Mondiale, car ce sera ma ... sixième participation."

Quel bilan tires-tu de ces trois semaines de course ?

"Notre objectif était de finir dans les cinq premiers, donc il nous manque une place, qui ne s'est d'ailleurs pas jouée à grand-chose dans cette lutte finale avec le bateau Bretagne Crédit Mutuel Performance. C'est difficile de tirer des conclusions dès maintenant, car la deuxième partie de course était vraiment tordue. C'est la première fois que je vois une Transat AG2R La Mondiale où les nordistes ne ralentissent quasiment jamais et où le gain des sudistes est si faible. Nous allons d'ailleurs débriefer tout ça dès que nous serons rentrés en France, à Port-La-Forêt, ce sera intéressant. On a déjà commencé à le faire un peu entre nous hier soir. Il est évident que quand nous étions troisièmes et qu’alors nous décidons de plonger dans le sud, nous pensions faire du gain, mais nous n’en avons pas récupéré assez par rapport à notre investissement. Ce qui est satisfaisant c'est que nous n'avons pas été des suiveurs. Avec Christopher nous étions vraiment en phase pour faire notre propre route, elle était très logique et donc nous n'avons pas à regretter nos choix. C'est juste un peu dur à avaler quand ça ne fonctionne pas comme on l'avait imaginé."

La première partie jusqu'aux Canaries était très bonne ...

"Oui, la première semaine nous allions vraiment très vite et au bon endroit, c'est le gros point positif de cette course. Nous étions vraiment bien en phase avec la météo qu'on avait d'ailleurs bien anticipée et se battre à l'avant comme ça est toujours agréable, évidemment. Bien sûr 6e n'est pas un mauvais résultat en soi (ndr : le meilleur de Gedimat sur une course transatlantique), mais nous avions espéré un peu mieux. Ce sera pour la prochaine fois... Je n'ai pas l'intention de passer ma vie à finir 6e "

Quel est ton programme maintenant ?

"Nous restons très peu à Saint Barth, où l'accueil est pourtant toujours aussi chaleureux, car nous sommes très occupés en France, Christopher et moi. Personnellement, je vais naviguer sur le trimaran de Michel Desjoyeaux avec qui je ferai le record SNSM et le Tour de l'Europe à l'automne. Mais je vais surtout préparer la Solitaire, débriefer cette Transat et préparer le retour de Gedimat (qui rentre en France dans 3 semaines par cargo). On aura à peine le temps de tester quelques voiles et de bien tout valider sur le bateau qu'il faudra déjà partir pour Paimpol (port de départ de la Solitaire le 24 juin) et se mettre en mode Solitaire du Figaro. Un autre des points positifs de la Transat c'est que je sais que le bateau était rapide, ce qui est une condition indispensable pour espérer jouer les premiers rôles sur la Figaro."

Transat AG2R La Mondiale 2012  //  14/05/2012
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