Préparation sportive pour Thierry Chabagny

La Solitaire du Figaro Eric Bompard cachemire s’élance dimanche de Pauillac, avec une première étape de 461 milles qui emmènera les concurrents à Sanxenxo, en Espagne. Ce sera la 14e participation de Thierry Chabagny. Auteur d’un très bon début de saison, le skipper de Gedimat fait partie de la quinzaine de marins qui peuvent espérer l’emporter. Il raconte sa dernière semaine avant le départ, entre runs de vitesse à Bordeaux et préparation sportive chez lui, en Bretagne.

Comment s’est passé le convoyage  de Gedimat vers Bordeaux la semaine dernière ?

« Je l’ai fait avec un copain d’école, nous étions deux à bord de Gedimat et nous avons eu des superbes conditions de vent portant. Nous avons été presque trop rapides, car nous sommes arrivés de nuit dans l’estuaire de la Gironde. Nous avons donc volontairement rallongé la route, en faisant un petit bord de reaching avec le petit groupe de trois autres bateaux qui convoyaient en même temps que moi. Le but était d’embouquer la Gironde au lever du soleil. Car c’est toujours intéressant de bien mémoriser ce qui sera la zone de départ dimanche. Il ne faut pas oublier qu’entre Pauillac et Cordouan, nous avons presque 40 milles de navigation en rivière avant d’atteindre le large et c’est un endroit où il y a de nombreux bancs de sable, où il est très facile de s’échouer. Surtout que pour composer avec le courant, nous serons sûrement amenés à raser les berges de près. Donc un petit repérage en réel n’est jamais inutile. Ensuite, tous les Figaros Bénéteau sont arrivés en convoi vendredi soir à Bordeaux et nous avons eu droit à un joli feu d’artifice, c’était sympa. »

Des runs de vitesse sont organisés à Bordeaux. Et tu as gagné le tien...

«Oui, tous les jours depuis samedi sont organisés des runs de vitesse assez courts au pied du pont Chaban-Delmas. On court à sept bateaux pendant ces runs et j’ai effectivement gagné le mien. Il y avait du beau monde dans mon groupe : Jérémie Beyou, Gildas Mahé, Adrien Hardy, Gwénolé Gahinet etc. C’est toujours sympa, même si on ne peut pas en tirer de réels enseignements sachant qu’il n’y a pas d’enjeu sportif. Et la navigation est un peu tordue car avec tous les immeubles sur les rives, le vent est très capricieux et instable. C’est un peu comme une ‘city race’ d’une demi-heure, c’est rigolo à faire. Du coup je suis qualifié pour la finale de ces runs qui aura lieu vendredi à 17h. Puis ce sera le convoyage le lendemain avec la descente du fleuve et le surlendemain dimanche, le grand départ… Tout va s’enchaîner très vite maintenant. »

Tu as préféré rentrer trois jours en Bretagne avant de repartir pour Bordeaux ce mercredi soir. Pourquoi ?

« Parce que voilà deux ans j’étais resté à Bordeaux toute la semaine et c’était un peu long. Je suis remonté dimanche d’une part parce que cela me permettait de passer une petite journée en famille vu que lundi était férié et d’autre part parce que Romain, mon préparateur technique, assure très bien seul les différents contrôles. Surtout, cela m’a permis de bien peaufiner ma préparation sportive, car j’ai tout sous la main chez moi pour ça. Du coup j’ai enchainé : j’ai fait beaucoup de vélo – encore 70 km hier mardi – et du kitesurf à foil. Physiquement et moralement, je suis au top. C’était la meilleure façon d’être fin prêt pour le grand départ de dimanche, je pense. Le premier rendez-vous obligatoire est demain jeudi à 9h30 pour le briefing sécurité. Et puis je vais étudier la météo un peu chaque jour, car il y a beaucoup de rendez-vous d’ici dimanche : briefings, rendez-vous avec les medias et donc l’enchainement de la finale des runs, du Prologue vers Pauillac et du départ ce week-end. On est dans le vif du sujet, maintenant. »

C’est ta quatorzième participation à la Solitaire. Objectif podium ?

« Disons que je fais partie de ceux qui peuvent espérer faire un très bon résultat. Je pars pour ça. Et pour les autres je ne sais pas, mais moi ça va très, très bien (rires) ! »

Solitaire du Figaro Eric Bompard cachemire  //  27/05/2015
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