Solo Maître CoQ 2017 : "Je me sens de mieux en mieux"

Dixième au classement général provisoire - sur quarante participants, après trois manches - Thierry Chabagny se focalise maintenant sur ce qui le motive vraiment dans cette Solo Maître CoQ 2017 : la "Grande Course". Le départ de celle-ci, comparable à une étape de La Solitaire URGO Le Figaro, a été donné ce jeudi midi aux Sables d'Olonne. Le parcours a été réduit à 260 milles. Il n'en demeure pas moins que batailler pendant quarante-huit heures avec tous les prétendants à La Solitaire est un excellent exercice in situ avant la grande classique du mois de juin. Interview avec le skipper de Gedimat, juste avant le top départ.

Thierry, un mot sur les trois premières manches de cette Solo Maître CoQ disputées lundi et mardi ici aux Sables d’Olonne, sur de petits parcours côtiers… 
"Je rentre deux places dans les dix premiers (7e et 8e) et une manche de 13e, ce qui me met à la 10e place au classement général provisoire avant le départ de la Grande Course de coefficient trois (elle compte triple, donc). Les bateaux devant moi au classement ne sont pas très loin, c'est serré et ça laisse l’espoir de faire mieux. Bien sûr je suis un peu déçu de ne pas avoir plus performé, mais beaucoup de choses se sont jouées uniquement sur les départs. Quand il y a 40 bateaux avec du vent (une manche a même été annulée mardi pour cause de vent trop fort), c'est quand même chaud !"

 

L’exercice était d'autant plus délicat que le vent était instable, c'est ça ?
"Clairement. Quand le plan d'eau est cisaillé par des variations du vent de 30 degrés qui ne durent même pas une minute, c'est compliqué… surtout à 40 solitaires couchés par le vent, sous solent ! Quand une force et un angle au vent durent une minute avant de changer et que tu sais qu'il te faut déjà 10 secondes pour prendre la décision et 15 secondes pour agir sur tes ballasts, ça ne fait plus que 25 secondes de navigation utile. Parfois, il faut même sacrifier ce bord-là pour mieux naviguer sur le prochain. Mais bon, ça s'est relativement bien passé pour moi et je me sens de plus en plus en plus à l'aise, donc je ne vais pas me plaindre. D'autant que dans ces conditions délicates, certains grands favoris n'ont pas réussi à faire une seule manche dans les dix premiers. De mon côté, disons que je n'ai pas brillé, mais j'ai joué avec les premiers."

 

Passons à la Grande Course qui part ce jeudi midi des Sables d'Olonne. Le parcours a été réduit à 260 milles au lieu de 340…
"Tout le début est inchangé : descente vers le Sud pour aller faire le tour de l'île de Ré, remontée vers le phare des Birvideaux au Nord de Belle-île, retour via l'île d'Yeu vers Les Sables. Et ce n'est qu'à cet instant que nous ne redescendrons pas vers Ré comme prévu initialement, mais juste vers Port Bourgenay avant de revenir pour l'arrivée finale aux Sables d’Olonne. Cela réduit le parcours de 80 milles - en raison de vents trop faibles samedi qui ne nous auraient fait terminer la course que dimanche. Il n'en reste pas moins que cette Grande Course, avec deux nuits à passer en mer, ressemble toujours à une petite étape de La Solitaire et que c'est même pour ça qu'elle est très intéressante pour moi.

 

Quelle est la météo attendue ?
"Une grosse dépression est attendue dimanche mais la course sera terminée pour nous. D'ici là nous sommes sous régime anticyclonique, ce qui veut dire beau dans la journée et bien froid la nuit, en ce moment ! Nous partons dans du vent de Nord-Est donc sous spi pour la descente, on peut lofer un peu puis affaler pour passer au sud de l'île de Ré, où le vent va monter et où on pourrait aller louvoyer contre le courant, chez les surfeurs, près des côtes de l'île. On pourrait avoir 20 nœuds de vent, peut-être plus en fin de journée. Il y aura une phase de transition dans la nuit de jeudi à vendredi avec le vent qui mollit  avant de se rétablir au Nord-Ouest. Les routages nous font revenir pas loin des Sables et le vent tourne à droite en mollissant. Il est possible que l’on tire des bords jusqu'au phare des Birvideaux avant de renvoyer le spi là-bas pour revenir vers le Sud. Normalement la trajectoire nous fait passer à l’aller au large de l'île d'Yeu (ce qui n'est pas imposé), puis à l'intérieur de Belle Ile à l'aller et à l'extérieur au retour. Enfin, le vent devrait être faible samedi pour l'arrivée… Bref, ça va jouer et ce sera forcément intéressant à quelques semaines de la Solitaire !"

 

Une dernière question : tu disais tout à l'heure que tu te sentais de mieux en mieux. Explications ?
"(Rires) Je ne saurai pas l'expliquer. J'ai les mêmes voiles et le même bateau que sur la Solo Concarneau, mais je trouve que ça va plutôt mieux sur l'eau. J'ai des sensations meilleures que celles que je ressentais jusqu'ici cette saison… De ça non plus, je ne vais pas me plaindre."

27/04/2017
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