Sur Gedimat, Thierry Chabagny fait mieux que résister

Et il résiste bien mieux qu'on ne pouvait l’espérer : Gedimat est encore dans les dix premiers ce midi, ce qui est déjà une performance car Thierry Chabagny a fait les trois quarts de la remontée du golfe de Gascogne sous petit spi, le grand s'étant déchiré hier.

Avec cette avarie de grand spi très pénalisante, on craignait pour Gedimat un retard de dix milles à la pointe de Bretagne et une place pas très réjouissante. Thierry Chabagny a fait deux fois mieux : au pointage de 11 heures aujourd'hui, à 100 milles de l'arrivée à Saint-Gilles Croix de Vie prévue en milieu de nuit, il a réussi à limiter l'écart au leader Gildas Morvan à 4,9 milles! Et il émarge encore à la 10e place! Alors certes Thierry Chabagny peut demeurer déçu, lui qui était parti en tête de Gijon, bord à bord avec le leader actuel Cercle Vert… mais il se bat et il se bat très bien ! Il n'est par exemple qu'à deux milles de Yann Elies, le leader au général et 3e de l'étape en ce moment.

Légèrement décalé dans l'ouest, Gedimat fait désormais jeu égal avec le groupe des premiers chasseurs. Il est même repassé devant Morgan Lagravière (2e au général) et n'est qu’à moins d'un mille derrière Fabien Delahaye, le 3e.  Autrement dit, Thierry Chabagny a surmonté son handicap technique et sa déception. Il peut encore espérer sauver une très belle place au classement général et conserver ses chances avant la dernière étape. Mais ce n'est que cette nuit, vers minuit/une heure (arrivée prévue), qu'on pourra sortir les calculettes pour faire les comptes. En espérant qu'ils soient favorables au skipper de Gedimat.

Pour l'instant, la morale de cette deuxième étape Gijon-St Gilles est que Thierry prouve une fois de plus qu'il a le niveau pour jouer les tout premiers rôles. Sans cette avarie de voile, il serait probablement à la lutte dans le trio de tête, aux côtés de ceux avec qui il se battait avant que le grand spi ne s'ouvre en deux. Mais la casse fait partie du jeu et il faut l'accepter.

Ce midi, la tête de flotte navigue à 7,5 nœuds,  travers au vent, une vingtaine de milles dans l'ouest de la presqu'île de Quiberon. Il leur reste une demi-journée pour se départager. Devant, Gildas Morvan et Nicolas Lunven ont une avance relativement confortable, mais ensuite c'est très serré de la 3e à la 13e place (11 bateaux en deux milles) et les écarts risquent d'être faibles sur la ligne d'arrivée. Il est quasiment déjà acquis que cette Solitaire du Figaro 2012 se jouera sur la troisième et dernière étape.

Solitaire du Figaro 2012  //  03/07/2012
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