Thierry Chabagny 16e aux Sables d'Olonne

Qu'elle fût dure, longue et fatigante cette troisième étape de la Solitaire du Figaro Eric Bompard cachemire entre Roscoff et Les Sables d'Olonne ! Météo instable, vents changeants, courants, rien n'a été épargné aux 35 concurrents. Thierry Chabagny, en arrivant 16e, une heure et quarante-deux minutes après le vainqueur Gildas Mahé, préserve l'essentiel : il reste dans le top 10 du classement général (10e à 2h11'16'' du nouveau leader Jérémie Beyou).

Thierry Chabagny a passé la ligne d'arrivée à 10h49'04'' ce jeudi 26 juin après 3 jours 19 heures 49 minutes et 4 secondes de navigation. Il revient sur cette étape :
« Ca fait bien mal ! C'est malheureusement la loi du sport, c'est comme ça la Solitaire du Figaro, on sait qu'il y a des étapes où ça part par devant et qu'il faut y être à ce moment-là. Je n'étais vraiment pas loin, je vivais déjà ma deuxième vie : j'étais un miraculé de Belle-Ile parce que j'avais tenté un petit coup par-dessous et ça n'avait pas marché. Aux Galères il y a eu un rassemblement et je suis reparti avec les premiers. Donc je me suis dit 'pas de bêtises, tu viens de sauver ta vie, fais attention'. Sauf que quelques heures après, il y a eu 2 phases de transition un peu douloureuses... Dans ces cas-là il faut avoir un peu de réussite, c'était vraiment hasardeux, ça partait à droite, à gauche et au milieu, rien ! J'ai raté ces phases-là et les quelques mètres que j'ai perdus se sont transformés en dizaines de mètres, puis en centaines de mètres, puis en milles.
C'est l'étape typique où tu passes de l'espoir au désespoir : tu fais un bon coup, tu es dans les premiers et quand tu vois les bateaux partir, tu es témoin de l'horreur ! Après tu n'as plus que tes yeux pour pleurer, tu te fais une raison et une fois que tu as hurlé et tout balancé dans le bateau, tu te dis qu'il y a encore 300 milles à parcourir, qu'il va falloir les faire d'une manière ou d'une autre et qu'il n'y a que le vent pour faire avancer ton bateau, donc tu te remets au boulot. Et comme tu as quelques bateaux autour de toi, tu te tires la bourre avec eux. Mais ça a été le drame jusqu'au bout : ça n'a fait que s'étirer, même les bateaux qui étaient avec moi sont partis bien avant !
Avec les heures qui passent, tu digères, tu te bats avec les bateaux qui sont à côté. La météo annonçait du vent stable jusqu'au bout, mais les leaders ont eu un petit arrêt buffet ce matin, ça m'a permis de revenir un peu et de limiter la casse. Quand j'ai vu ça, je me suis écarté assez vite et j'ai fait la différence avec le paquet avec qui j'étais.
Maintenant, il reste une étape, on ne sait jamais ce qu'il peut arriver. Il y aura encore beaucoup de courant et il peut encore se passer des choses si la météo n'est pas stable. Il faudra bien faire cette étape. Et la réussir. »

 

Arrivée au ponton
Arrivée au ponton
26/06/2014
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