Thierry Chabagny 5e et "globalement satisfait"

En neuf années de partenariat, cette Solitaire du Figaro 2012 est le meilleur résultat du Figaro Gedimat. Cinq places gagnées par rapport au classement de l'an dernier. C'est aussi non seulement la première fois que le Figaro Gedimat termine dans les dix premiers mais a fortiori dans les cinq, à 29 minutes du podium. Podium qui n'est donc vraiment plus très loin, maintenant. Après une bonne nuit de sommeil, Thierry Chabagny tire le bilan.

Revenons rapidement sur cette dernière étape…

"J'avais dit que j'allais attaquer et c'est ce que j'ai fait par l'ouest de Belle Ile, mais malheureusement ça ne s'est pas avéré payant. Après, il a fallu s'employer à revenir et ce n'est pas simple : il y a beaucoup de monde et c'est difficile de réussir à se frayer un chemin. Plusieurs fois ça a fait l'accordéon : j'arrivais à revenir, mais ça repartait aussitôt par devant. Le vent est rentré à partir de la pointe de Bretagne et en Angleterre ça s'est bien passé, même s'il a fallu aller puiser beaucoup d'énergie au fond de moi. J'étais exténué mais il ne fallait rien lâcher, à fond sous spi. A l'île de Wight, la flotte est plutôt regroupée, mais je passe 21e à la bouée. Je me disais ‘ce n'est pas possible, je suis en train de perdre ma 5e place au général’! Alors j'ai vraiment tout donné pour décaler un peu Gedimat au vent des autres et finir 11e  après une très bonne traversée de la Manche. Reprendre dix places en si peu de temps, ça c'était du plaisir oui, j'étais vraiment content d'avoir réussi ça en arrivant à Cherbourg hier matin. Quand j'ai vu que mes adversaires directs n'étaient que 300 mètres devant moi, j'ai cravaché. Heureusement qu'il y a eu ce bon moment car à part ça, ce n'était pas une étape très rigolote : il y a eu finalement assez peu de choix stratégiques, surtout de la vitesse et on y a pris moins de plaisir que sur les deux premières."

Cinquième au classement général à 29 minutes du podium, des ténors comme Gildas Morvan et Erwan Tabarly juste derrière toi, c'est tout de même un excellent bilan…

"Je progresse de deux places par rapport au classement avant jury l'an passé (et de 7 places après jury, ndr), ça c'est intéressant bien sûr. Je suis toujours en progression et plus très loin de la vérité. Il y a forcément des regrets, on se dit toujours que ça pouvait être encore mieux. Disons que je suis globalement satisfait, je regrette juste de ne pas avoir fait un podium, voire gagné une étape. Car j'aurais aimé porter plus haut encore les couleurs de Gedimat, même si je suis content de signer cette belle place. En tout cas je me suis battu. Peut-être qu'il m'a manqué un peu de temps de préparation car c'était vraiment très court entre la Transat AG2R La Mondiale et la Solitaire. Et puis cet hiver, j'étais autour du monde sur le Trophée Jules Verne et je n'ai pas beaucoup navigué en Figaro. Donc je me dis qu'avec la préparation en flux tendus que j'ai eu, 5e c'est un très bon résultat. Personnellement, c'est ma troisième meilleure performance en 11 participations (4e en 2009, 2e en 2006)."

Le grand spi qui se déchire sur les deux premières étapes… Elles sont peut-être là les 29 minutes qui manquent pour se hisser sur le podium?

"Ce n'est vraiment pas impossible, même si c'est toujours facile de dire ça une fois que la course est terminée. Je n'avais jamais déchiré de spi en plus de dix ans de Figaro, j'ai été servi cette année : le petit sur la Transat et deux fois le grand sur la Solitaire! Peut-être qu'il faut revoir ma méthode et dès que j'achète un nouveau spi le tester aussitôt dans des conditions extrêmes pour voir s'il tient ou pas. Ce n'est pas simple d'oser une méthode aussi extrême, mais s'il le faut… Ce que je vais essayer de retenir aussi pour m'en servir c'est que je n'ai jamais lâché, même quand les circonstances s'avéraient très défavorables. Je me suis battu."

Yann Eliès grand vainqueur, tu en penses quoi?

"Je suis vraiment content pour Yann, c'est bien pour lui, il la mérite et il était passé tout près deux fois en 2004 et en 2009. Cette année, personne n'était aussi fort que lui. C'était sa treizième participation, ça veut dire qu'il faut être patient… Et que moi, comme c'était ma 11e j'ai encore deux éditions pour la gagner, cette Solitaire! Bon si je peux dès l'an prochain, je ne vais pas me priver..."

Ton programme maintenant?

Un peu de repos parce que physiquement on en a tous besoin. Une fois de plus cette Solitaire a été extrêmement exigeante, avec très peu d'occasions de dormir. Quand on regarde les étapes, il n'y a guère que sur le bord de reaching de la deuxième étape, entre la Bretagne et Saint-Gilles, qu'on a pu récupérer un peu. Sinon il fallait être dessus tout le temps. Ensuite, je vais retourner dans l'équipage du trimaran MOD70 de Michel Desjoyeaux pour préparer le Tour de l'Europe. Je ferai peut-être les courses de fin d'année en Figaro histoire de tester des voiles. Pour le moment c'est repos puis multicoque. C'est bien aussi d'ouvrir les horizons, c'est enrichissant de faire un mix entre les courses en solitaire et les courses en équipage."

Solitaire du Figaro 2012  //  12/07/2012
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