Thierry Chabagny ambitieux à Granville

Thierry Chabagny est arrivé ce mardi à Granville, où il s'alignera à bord du Figaro Gedimat sur la première épreuve de la saison 2015 : la Solo Basse Normandie. Un parcours très technique d'environ 200 milles nautiques en Manche, autour des îles anglo-normandes, avec une arrivée à Cherbourg. Parfait pour reprendre la compétition en attendant la première épreuve du championnat de France : la Solo Maitre Coq, dans un mois aux Sables d'Olonne. Aux pontons de Granville, nous avons interviewé Thierry...

Comment s'est passé le convoyage de Gedimat, de Port-la-Forêt à Granville?

« Je suis parti en solitaire avec la marée tôt lundi matin, de façon à avoir le début de marée montante dans le Raz de Sein et pouvoir ainsi garder le courant favorable. Je viens d’arriver (mardi à 11h) à la pleine mer de Granville. Je n’ai eu qu’une seule marée défavorable à gérer. Le tout m’a pris un peu moins de 30 heures… Il faisait bien froid dans ce vent de secteur nord qui m’a contraint à faire beaucoup de près. Le vent était instable avec des grains orageux. Il évoluait entre 12 et 25 noeuds et il fallait faire attention car il y a beaucoup de bateaux de pêche qui évoluent la nuit le long des côtes bretonnes. Je n’ai donc pas beaucoup dormi… Mais le convoyage fait partie de la préparation. Et ça va être sympa de reprendre la compétition ce week-end (départ vendredi, arrivée probable dans la nuit de samedi à dimanche). D’ailleurs je ferai aussi le convoyage retour en solo, pour peaufiner ma préparation. Nous passerons ici sur La Solitaire du Figaro Eric Bompard cachemire cet été et même si je connais bien le coin, c’est toujours bénéfique de naviguer ici. »

Décris-nous un peu cette course, la Solo Basse Normandie, qui lance la saison en Figaro….
« Je suis bizuth sur cette épreuve, c’est la première fois que j’y participe. Il n’y a pas de Transat cette année, c’est donc la première compétition de la saison et même si c’est une course événementielle, elle est importante pour se remettre dans le bain. J’ai étudié le parcours qui fait des zigzags en Manche, autour de Jersey et Guernesey notamment. Puis il y a le passage du raz Blanchard qui n’est jamais anodin avant le final en rade de Cherbourg, même si les coefficients de marée seront faibles ce week-end. C’est un parcours technique d’environ 200 milles qui devrait nous prendre une trentaine d’heures. Il est assez compliqué car ce sera beaucoup de petites portions différentes à enchaîner, donc avec de nombreux changements de voiles et tout ce qui fait le charme du Figaro : des cailloux, des courants, des algues, des effets de site autour des îles, de la bagarre au contact. Il n’y a pas de réelle pression puisque la Solo Basse Normandie ne fait pas partie du Championnat de France, mais c’est une belle course en elle-même. Je la vois comme un excellent entraînement grandeur nature. Surtout que presque tous ceux qui ont performé ces derniers temps en Figaro sont là. »

Un mot sur le plateau justement ? On retrouve entre autres les trois derniers vainqueurs, à savoir Paul Meilhat, Corentin Horeau et Alexis Loison…
« Oui, nous serons une trentaine au départ. Dont ceux-là qui seront dangereux, mais aussi de gros clients comme Yann Eliès, Adrien Hardy, Charlie Dalin, Alain Gautier… La concurrence va être rude, comme toujours ! Mais j’ai bon espoir de tirer mon épingle du jeu car les stages d’entraînement tout l’hiver à Port-la-Forêt se sont bien passés pour moi : j’étais quasiment toujours dans le paquet de devant. Donc je me dis que j’ai mes chances. »

L’objectif ?
« L'objectif est simple : être devant ! Si je viens sur cette épreuve c'est pour préparer la suite, mais aussi bien sûr pour essayer d’y décrocher un bon résultat. Il est encore trop tôt pour parler de météo mais il est possible qu’on ait droit à des conditions musclées… Personnellement ça ne me dérangerait pas.»

Solo Basse Normandie  //  25/03/2015
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