Thierry Chabagny bien placé au cap Lizard

Le skipper de Gedimat fait la course dans le bon paquet de tête depuis le départ de la Solitaire, voilà 48 heures. Après une traversée de la Manche très ventée, c’est l’inverse, le manque de vent, qui sévit maintenant alors que la flotte s’est scindée en deux groupes distincts à l’aplomb du cap Lizard.
Crédit photo : Alexis Courcoux
Crédit photo : Alexis Courcoux

Jusqu’ici tout va bien pour Thierry Chabagny, un des grands favoris de la Solitaire. Après une traversée de la Manche très tonique où on a vu sévir une mer formée et des rafales à 40 nœuds, le skipper de Gedimat a parfaitement réussi à se glisser aux avant-postes. Thierry Chabagny a pointé longtemps à la troisième et même à la deuxième place juste derrière un autre favori, Charlie Dalin, pendant la « descente » vers l’Ouest, le long de la côte Sud de l’Angleterre. Ce mardi midi, 48 heures après le top départ de cette première étape qui avait été donné dimanche à Deauville, Gedimat est classé en 5e position, quasiment à égalité avec tous ceux qui se trouvent en ce moment à l’aplomb du célèbre cap Lizard.

Mais la situation est un peu complexe, à environ 25 milles du phare de Wolf Rock qu’il faut aller virer. Car, à l’inverse de ce qu’il s’était passé lors des premières vingt-quatre heures de mer, il faut batailler maintenant avec des vents irréguliers et surtout très faibles, auxquels s’ajoute le courant de marée contraire. Pas simple du tout de progresser dans ces conditions, surtout que le vent est de secteur Nord-Ouest instable, alors que les marins attendaient du Sud-Ouest !

Pétole et courant contraire après la brise…

Dans ces conditions très délicates, où les vitesses peinent à dépasser les 4 nœuds, deux groupes bien distincts se sont formés : la majorité des leaders a choisi une route « par dessous », c’est à dire plus au large, pendant que le peloton, lui, joue très proche de la côte anglaise, au ras des cailloux du cap Lizard. Et ce midi, il reste encore plus de 25 milles à couvrir pour atteindre Wolf Rock. Aux vitesses actuelles, cela représenterait encore une grosse poignée d’heures de mer et il est bien impossible de dire qui virera le premier au phare entre le groupe de la côte et celui du large.

Thierry Chabagny avait prévenu : cette première étape serait complexe et… longue. C’est bien le cas, sans compter qu’on voit aussi dans ces conditions des micro-phénomènes difficilement explicables avec des bateaux qui continuent d’avancer alors que d’autres, pourtant tout proches d’eux, s’arrêtent quasiment. Cette première étape est donc très loin d’être soldée, mais au moins pour l’instant on sait que Thierry Chabagny tient son rang aux avant-postes. Le passage à Wolf Rock donnera une première hiérarchie, mais rien ne sera joué encore car d’une part les attaques risquent de fuser avec la renverse du courant et d’autre part, la remontée vers l’Est ensuite – dans l’autre sens de la Manche – s’annonce elle aussi fort délicate, peut-être avec du vent dans l’axe de la route ce qui obligerait à tirer des bords. Enfin, les solitaires attaqueront ce soir leur troisième nuit de course et on sait qu’avec le déficit de sommeil et la fatigue générale, celle-ci s’avère souvent la plus difficile. Il n’y a pas de round d’observation sur cette première manche et pour le moment pas de grande surprise non plus : Gedimat compris, les favoris répondent présent à l’avant.

Solitaire Bompard Le Figaro 2016  //  21/06/2016
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