Thierry Chabagny contraint à l'abandon

Coup dur pour Thierry Chabagny : dans la tempête du golfe de Gascogne où le vent a soufflé à 50 nœuds - soit plus de 90 km/h - la grand-voile de Gedimat s'est déchirée sur toute sa chute, soit une déchirure de près de 10 mètres. Irréparable en mer, a fortiori dans les conditions actuelles très dures. Quant à un éventuel arrêt technique, il signifiait l'impossibilité de jouer les premiers rôles ensuite. En accord avec son sponsor, le skipper de Gedimat a décidé de faire demi-tour et d'abandonner la course.

L'incident a eu lieu ce lundi matin, au beau milieu du golfe de Gascogne, dans une mer et des vents très violents : "jusqu'à 50 nœuds dans les rafales", a noté Thierry Chabagny, qui faisait partie des favoris de cette Transat Bretagne-Martinique, partie hier de Brest et à destination de Fort de France. La grand-voile du Figaro Gedimat s'est déchirée quasiment sur toute la chute (ndr/sa partie arrière, du haut du mât à l'extrémité libre de la bôme) entre  la première latte et le deuxième ris. Dès lors, Thierry Chabagny a informé la direction de course et son partenaire Gedimat de la situation. "J'ai voulu nous donner le temps de la décision, je continuais donc vers le cap Finisterre sous solent seul (ndr/petite voile d’avant), et ne pas prendre cette décision dans la précipitation" explique-t-il. Après avoir longuement échangé avec son sponsor, la décision est prise : abandon. Gedimat a fait demi-tour et se dirige vers son port d'attache de Port La Forêt où il devrait arriver demain mardi.

Plusieurs facteurs motivent cette décision "cruelle après 24 heures de course, quand tu te prépares depuis si longtemps pour cette Transat". D'abord une réparation en mer était très illusoire. Primo parce qu'il eut fallu pour cela attendre une accalmie de la tempête… "Et secundo parce qu'un bricolage n'aurait de toutes façons pas tenu dans la prochaine dépression, très creuse, qui se profile sur la route pour mercredi ou jeudi". Le skipper de Gedimat précise : "Si la suite de la course avait été prévue dans des conditions anticycloniques, j'aurais peut-être pu tenter une réparation de fortune, mais là ça ne sert strictement à rien : recoller la voile avec de l'adhésif, par exemple, ne pourra pas tenir dans une nouvelle tempête."

L'autre option envisagée était un arrêt à La Corogne, en Espagne, pour réparer. "Le problème est que sportivement la note était très, très élevée : 300 à 500 milles de retard à l'issue de la réparation. D'une part parce qu'il fallait déjà que j'arrive jusque là-bas à vitesse réduite sans grand-voile et d'autre part parce qu'avec le temps lié à la réparation plus celui passé à aller à la Corogne et en repartir, j'abandonnais toute chance de jouer les premiers rôles. Une transat en Figaro Bénéteau 2 n'est pas un Vendée Globe : c'est du flux tendu et je n'aurais jamais revu la tête de course, ni même le paquet du milieu. Or, j'étais là pour jouer la gagne, pas pour traverser l'Atlantique en mode convoyage. Après en avoir discuté avec mon partenaire Gedimat, il me semble donc que nous avons pris la décision la plus intelligente : c'est dur à accepter, mais il faut faire une croix sur cette course et bien se préparer pour La Solitaire, peut-être en allant participer à d'autres courses d'ici là… nous verrons."

Thierry Chabagny conclut : "C'est triste. Pour Gedimat, pour moi, pour l'association (ndr/Pas à Pas avec Alexia) que nous soutenons. Sportivement c'est d'autant plus difficile à avaler que j'étais très bien placé : où je voulais, au vent de la flotte, en position d'attaque en compagnie de Yann Eliès. C'est comme ça, on n'y peut rien…  Il y aura d'autres courses et il faut se tourner maintenant vers la suite de la saison. Il n'y a pas d'autre choix. Je fais donc demi-tour, je suis à 140 milles des Glénan. J'arriverai demain et nous réfléchirons à la suite des événements à tête reposée. "

Yves Martin Delahaye, Président du Directoire de Gedimat

« Au-delà de la déception que nous ressentons pour Gedimat et pour lui, nous soutenons Thierry à 100% dans cette décision que nous avons prise ensemble. Celle-ci nous semble être la plus sage pour la sécurité du bateau et du skipper au regard des conditions météo actuelles et de ce qui attend le reste de la flotte dans les prochains jours. Ensemble, nous avons vraiment pesé le pour et le contre et nous savons que Thierry n'abandonne pas de gaieté de cœur. Thierry est un compétiteur, il va se consacrer entièrement et sereinement à la préparation de sa prochaine grande échéance : La Solitaire du Figaro Eric Bompard Cachemire. Nous serons nombreux à Bordeaux pour le soutenir."

Transat Bretagne – Martinique  //  18/03/2013
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