Thierry Chabagny dans les starting-blocks

A quelques jours du départ de la 43e Solitaire du Figaro, Thierry Chabagny est concentré et serein. Il ne le cache pas, cette épreuve est cochée depuis longtemps dans son calendrier. Entre entraînements grandeur réelle à Port la Forêt avec quelques-uns de ses futurs concurrents, piscine, vélo et préparation de son Figaro, le skipper de Gedimat se donne tous les moyens d’accéder à son objectif : gravir la première marche du podium de l’épreuve reine du circuit Figaro.

Avec un début de saison plutôt actif, avec sa participation à la Transat AG2R La Mondiale (dont il est arrivé 6e avec Christopher Pratt) et ses navigations aux côtés de Michel Desjoyeaux sur le MOD70 Foncia, Thierry Chabagny engrange de l’expérience et des conseils pour être prêt dès dimanche prochain.

Et il faudra très vite être dans le match sur cette Solitaire avancée au début de l’été et raccourcie d’une étape ! Pas de round d’observation ! Il va falloir être bon dès le départ de Paimpol, se battre pour être devant dès le début de chaque étape ; d’autant que, Thierry a pu le vérifier, la concurrence est rude et la jeune garde affûtée !

La première étape entre Paimpol et Gijon, via Jersey et les Birvideaux (au large de Belle-Ile), est la plus longue de cette édition (504 milles). Courants et brises thermiques en ponctueront le début, avant la traversée du Golfe de Gascogne et l’arrivée à Gijon. « Il s’agit d’une étape typique de la Solitaire, très stratégique, avec du côtier pour commencer et une Transgascogne à suivre. Il faudra être concentré dès le départ. Il sera difficile de dormir au début, mais il est pourtant impératif de réussir à récupérer quelques heures de sommeil avant l’atterrissage sur les côtes espagnoles… », explique Thierry.

La deuxième étape (442 milles) entre le port espagnol de Gijon et St Gilles Croix de Vie, via le Raz de Sein, risque d’être piégeuse. Première difficulté, et de taille, dès le départ : le relief de la côte de Gijon qui peut poser problème si le vent n’est pas au rendez-vous. Ensuite retour dans le Golfe de Gascogne où l’objectif est de se reposer pour aborder la suite des réjouissances sereinement : le passage de l’Occidentale de Sein avec ses effets côtiers importants, la proximité du rail d’Ouessant puis la descente vers le Raz de Sein avec ses courants qui peuvent déjà créer des écarts… « C’est un passage délicat, la course peut se jouer là. Ensuite il faut rejoindre la côte vers St Gilles où le thermique joue souvent les arbitres… ».

La troisième et dernière étape (486 milles) entre St Gilles Croix de Vie et Cherbourg, via le Phare de Wolf Rock au large de la Cornouaille, couronnera le vainqueur de cette édition 2012. Etape côtière par excellence, elle est ponctuée de difficultés à négocier au mieux : le Raz de Sein, le Four, la mer d’Iroise, les côtes anglaises, la pointe du Cotentin… Et la traversée de la Manche sur la fin, exigeante avec son trafic maritime très dense. « J’apprécie beaucoup l’approche de Cherbourg et les abords de la pointe du Cotentin. Il faut gérer le courant très important à cet endroit, avoir l’œil sur tout, c’est une étape qui me plaît énormément ! ».

« Cette Solitaire exigera une attention constante, le parcours étant le même pour tout le monde, la différence se fait autrement. L’état d’esprit est fondamental sur cette épreuve. La Solitaire, c’est un combat contre les autres mais aussi contre soi-même. Il faut être rigoureux en permanence, même quand la fatigue prend le dessus sur la raison ! La lucidité est souvent l’un des points-clés pour aller chercher la victoire. Surtout dans la « der des der » où les organismes sont fatigués par les étapes précédentes », conclut le skipper de Gedimat déterminé.

En attendant, place au prologue ce samedi 16 juin. Une mise en bouche et surtout la dernière occasion de régler le bateau et de l’affûter avant le grand départ de Paimpol dimanche 24 juin !

Solitaire du Figaro 2012  //  13/06/2012
Article précédent : « Cette première étape peut être décisive ! »  //