Thierry Chabagny deuxième à La Rochelle

Magnifique troisième étape pour Thierry Chabagny ! Le skipper de Gedimat a même longtemps espéré gagner cette manche d’anthologie entre Paimpol et La Rochelle. Sur l’eau, Thierry a terminé 3e mais le vainqueur d’étape Xavier Macaire écope de 8 minutes de pénalité. Thierry Chabagny est donc deuxième, a gagné le Trophée Suzuki de la manche et prend la tête du classement Radio France. Il a aussi repris une place au classement général, où il se retrouve 4e à moins de 23 minutes du podium. Un excellent bilan avant le départ, dès demain, de la dernière manche.
Crédit photo : Alexis Courcoux
Crédit photo : Alexis Courcoux

Qu’est-ce qui prédomine après cette étape que tu as dominée ? La satisfaction d’être sur le podium ou la déception de ne pas l’avoir gagnée ?

« D’abord un mot pour Xavier (Macaire), sur l’eau il a gagné et c’est dommage de prendre une pénalité pour un plomb cassé, mais ça fait partie de notre sport. En ce qui me concerne, il y a en effet à la fois la satisfaction d’avoir fait une très belle étape et une pointe de déception de ne pas avoir gagné, car je trouve que ce n’est pas payé à sa juste valeur. Le résultat fait du bien, mais honnêtement la gagner n’aurait pas été volé ! Au moins trois fois dans le déroulé de cette étape j’étais en position de l’emporter, trois fois je me suis dit que celle-ci était pour moi. Mais je suis bien sûr très content de monter sur le podium, c’est mon meilleur résultat depuis le début de cette Solitaire.»

Tôt ce matin encore, tu pensais pouvoir l’emporter ?

« Après la bouée BXA, on part tous au près dans 20 nœuds et je croise devant tout le monde ! La prévision était que le vent devait tenir de Nord-Ouest et si cela avait été le cas, je gagnais l’étape. Le vent ne devait faire que de la gauche, j’ai viré tout de suite et vers 6h du matin je croise devant le leader Yoann Richomme. Là je me suis dit que c’était pas mal du tout. Si le vent tenait comme ça, ce qui était prévu, il n’y avait aucune raison que je me fasse redoubler. Et puis en fait le vent a basculé, je ne comprends pas pourquoi on s’est retrouvé avec du Nord-Est. Toujours est-il que le plan d’eau était complètement cisaillé et tout mon avantage avait donc fondu. J’ai même dû me battre à fond pour récupérer une place sur le podium car un moment je suis pointé 4e ou 5e… Donc pour revenir à la question précédente, voilà : je suis super content d’être sur le podium et d’avoir bien navigué... Et un petit peu déçu de ne pas avoir gagné. Mais le global est très positif, évidemment.»

 
Il s’est passé énormément de choses sur cette étape et à chaque fois Gedimat était devant…

« Cette étape était incroyablement complète, encore ! On a tout eu comme conditions, du gros temps à la dorsale sans vent. Je suis d’autant plus satisfait de l’avoir réussie. Sur le tronçon entre Paimpol et L’Aber Wrac’h, au près dans 25 nœuds, c’était très satisfaisant d’être devant tout le monde car c’est de la vraie stratégie à ce moment-là : il faut envoyer du lourd sous génois au louvoyage, tout en faisant de la vraie stratégie pour savoir s’abriter au bon moment du courant, jouer les renverses, les effets de site, les petits décalages. J’étais vraiment content de ça et oui, c’est bon de voir toute la flotte virer derrière toi (rires) ! Le passage à Ouessant était impressionnant, mais encore heureux qu’on ne l’ait pas passée deux heures avant, vent contre courant, car les vagues et la houle étaient énormes. C’était bon aussi de bénéficier du fait de creuser l’écart par devant. Je gagne le Grand Prix Suzuki de cette étape… Après il y a eu la dorsale anticyclonique où on s’est tous empétolés et puis donc la remontée depuis l’estuaire de la Gironde avec le dénouement qu’on connaît. Je suis satisfait quand même, il y a eu beaucoup de positif ! »

Gedimat 4e au classement général provisoire

Crédit photo : Alexis Courcoux
Crédit photo : Alexis Courcoux

A de rares exceptions tous les leaders étaient bien placés, mais tu regagnes quand même une place au classement général…

« Oui, il y a juste Erwan (Tabarly) qui a pris un peu de retard sur celle-ci et on se retrouve donc quasiment à égalité tous les deux. (En fait Gedimat a maintenant deux minutes d’avance sur Armor Lux… Vainqueurs ensemble de la Transat AG2R La Mondiale, les deux hommes ont du mal à se séparer !). Je repasse 4e au classement général et j’ai un peu grappillé en temps. Nicolas Lunven est troisième au général 23 minutes devant moi. Le podium est donc potentiellement jouable sur la dernière manche qui part dès demain.»

 
Gedimat est aussi très bien placé dans les classements annexes. C’est une autre satisfaction ?

« Ah oui bien sûr ! Sur cette manche quand on résume : je monte sur le podium, je gagne le Trophée Suzuki de l’étape, je regagne une place au général et aussi je prends la tête du classement Radio France qui récompense les meilleurs départs. Je ne vais pas bouder ce plaisir, c’est évidemment très encourageant, ça montre que je suis dans le match. »

 
La quatrième et dernière étape est une boucle au départ et à l’arrivée de La Rochelle. Vous partez dès demain, c’est très court comme temps de récupération. Trop court ?

« C’est délicat, oui. Honnêtement, nous sommes tous rincés, très fatigués. Sur cette manche par exemple je n’ai pu m’autoriser à dormir qu’après le passage de Sein et une autre fois. Trois siestes de 15 minutes, à deux reprises, c’est très peu. Ce matin je me suis même obligé à aller dormir, car je sentais que j’étais arrivé dans la phase dangereuse où tu as l’impression que tu n’en as plus besoin du tout, alors qu’en réalité tu commences à faire n’importe quoi, à perdre ta lucidité. J’espère que le parcours de la dernière manche ne nous imposera pas plus de 24 heures de navigation, sinon je me demande si c’est bien raisonnable. Repartir le lendemain de l’arrivée c’est vraiment très dur… Pour ne pas dire limite.»

Crédit photo : Alexis Courcoux
Crédit photo : Alexis Courcoux
Crédit photo : Alexis Courcoux
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Solitaire Bompard Le Figaro 2016  //  05/07/2016
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