Thierry Chabagny encore dans les points

Thierry Chabagny a pris la 7e place de l’avant-dernière étape de la Solitaire du Figaro Eric Bompard cachemire, ce midi à Torquay en Angleterre, après 2 jours, 18 heures et 15 minutes à 6,04 nœuds de moyenne. Une étape remportée par l’inévitable Yann Eliès, (à 6,20 nœuds) solide leader du classement général. Gedimat a fait toute la course aux avant-postes dans le groupe des premiers chasseurs. Et Thierry gagne une place au classement général : il y est maintenant 7e.

Septième de cette étape… c’est un bon ou un mauvais résultat pour toi?
« Dans l’absolu, disons que finir dans les 10 premiers n’est jamais un mauvais résultat en Figaro ! Mais je suis un petit peu déçu parce qu’il y a un peu trop d’écart avec les premiers à mon goût : au général je me retrouve maintenant à 3 heures de Yann (Eliès). J’ai plutôt bien navigué globalement, mais j’ai fait quelques petites erreurs qui coûtent cher parce que les circonstances de course faisaient que c’était toujours plus favorable pour les deux bateaux de devant, ceux de Yann et Charlie (Dalin), et que les écarts se sont creusés. Sur cette étape, ça partait toujours par devant, les riches devenaient toujours plus riches du fait des renverses de courant ou des bascules qui leur étaient presque toujours un peu plus favorables. »

Tu gagnes une place au classement général et la 6e place d’Alexis Loison n’est qu’à une minute et 20 secondes devant toi...
« Le problème c’est qu’à part Gildas Morvan et Alexis Loison, mes six autres concurrents directs finissent devant moi. J’ai le sentiment que j’aurais pu faire mieux, peut-être quatrième, sans ces petites erreurs qui sont peut-être dues à la fatigue. Nous n’avons eu que très peu de temps de récupération à Concarneau et je pense que j’ai manqué de lucidité à deux ou trois reprises. J’ai eu un peu de mal en vitesse par moments et je n’ai jamais vraiment eu l’occasion de revenir sur les bateaux devant moi. Mais c’est vrai qu’il y a de l’écart aussi derrière (ndr : à 15h seulement 25 bateaux étaient arrivés et le 25e avait déjà 5 heures de retard !) Maintenant, ce sera très difficile de gagner des places au général. Le Maître Coq de Jérémie Beyou est 5e à un peu moins d’une heure devant moi… Disons que ça va être mon objectif de la dernière étape. Dimanche, je partirai à la chasse au coq ! (rires)»

Comme tu l’avais annoncé cette troisième étape a été complète et complexe…
« Oui. J’étais bien au départ : je passe dans les cinq premiers aux Birvideaux, j’étais dans une bonne dynamique. Je réussis notamment un très bon empannage en remontant vers Groix. Tout se passe bien jusqu’à l’approche de la Chaussée de Sein, où j’ai perdu un peu en tardant à virer, mais dès Ouessant j’étais très bien revenu, et en passant par l’extérieur de l’île j’ai fait un joli coup qui m’a permis de garder le courant plus longtemps. Un peu le même coup que Yann (Elies), en un petit peu moins bien ! Le long de la côte nord bretonne, je gère bien le moment de la renverse de courant. Jusqu’après Roscoff ça ne se passe pas trop mal pour moi mais en Manche le long bord de reaching pour aller chercher la dorsale ne m’a pas été favorable. C’est là que Jérémie Beyou parvient à me doubler. J’ai bataillé toute la nuit pourtant, j’ai tout essayé mais rien à faire… Ensuite j’ai fait route vers le nord-ouest pour me dégager de cette dorsale. Mais Yann et Charlie avaient déjà pris déjà un peu d’avance. Après le phare de Wolf Rock, toute la côte sud anglaise c’est parti par devant, avec chaque effet de pointe et chaque courant favorable aux leaders. Les positions ne pouvaient plus changer. C’est un peu frustrant de savoir que tu ne pourras jamais rattraper le gars devant toi, mais c’est comme ça… c’est la course. »

Un mot sur la quatrième et dernière étape ?
« Le classement général est un peu scellé maintenant et c’est une vraie déception pour moi, même si je peux envisager mon meilleur classement depuis 2012, mais il peut encore se passer beaucoup de choses. Car cette manche sera très longue (600 milles) et va se jouer a priori encore dans des conditions anticycloniques. Il faut préciser la météo d’ici là mais dans du vent sans doute faible, il y aura des effets de site marqués, notamment quand on remontera le long du Pays de Galles et qu’on en reviendra. C’est aussi une étape qui peut créer des écarts importants, il faudra donc être très attentif. Heureusement, nous avons le temps de bien nous reposer cette fois puisqu’on ne repart que dimanche. Je vais en profiter pour récupérer et préparer cette quatrième étape le mieux possible. Je veux bien terminer cette course… »

Solitaire du Figaro Eric Bompard cachemire  //  17/06/2015
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