Thierry Chabagny : « déjà plus bas que Saint Barth ! »

Comme tous les bateaux de la Transat, Gedimat navigue toujours cap au sud, pour ne pas se faire piéger par les calmes. Thierry Chabagny préfère en rire : « si ça continue, on va aller jusqu'au Pot au noir (l’Equateur ndlr) ! ».

Tout va bien à bord de Gedimat cet après-midi. En 5e position de la Transat AG2R La Mondiale il est donc toujours en lice pour un podium qui pourrait se faire beaucoup attendre à Saint Barth. « Aujourd'hui on se voit arriver le 14, mais c'est trop tôt pour être précis là-dessus. La seule certitude c'est que nous n'avons pas d’autre choix pour le moment : il faut descendre vers le sud. Comme nous avons tous le même bateau, les mêmes infos et les mêmes instruments, je pense que nous allons tous vers un point géographique où il faudra se décider à empanner (virer de bord au vent arrière) pour remonter enfin. Car pour l'instant on est déjà plus bas que Saint Barth et on va encore descendre comme ça au moins pendant trois jours ! C'est un peu hallucinant ».

Coté classements, « c'est un peu 'à toi à moi' parmi les 8 bateaux de tête. Au dernier nous avons perdu un peu de terrain, mais à l’avant-dernier nous en avions gagné. Ce n'est pas significatif. Pour moi il y a des chances que la course se joue à l'empannage, qu'il faut évidemment déclencher ni trop tôt ni trop tard, et puis dans le final des dernières 48 heures où ce sera la foire d'empoigne. Il faudra être frais, lucides et malins car il y aura forcément des petites coups à jouer. D'ailleurs aujourd'hui, on voit que deux bateaux qui étaient un peu derrière sont en train de passer à l'attaque : Les Recycleurs Bretons tout au nord et Artemis tout au sud. Ils ont raison car quand tu es derrière, ça ne sert à rien de rester dans le sillage des autres, il faut tenter des choses et c'est ce qu'ils font, avec des chances réelles de bien s'en sortir d'ailleurs ».

Il va falloir donc être très patient pour avoir le fin mot de l'histoire, attendre probablement une dizaine de jours encore. « Nous, nous battons pour ne pas perdre de terrain par rapport à nos concurrents directs », raconte Thierry Chabagny. « D'ailleurs la bonne nouvelle est que nous avons Skipper Macif 1 mille derrière nous et qu'on se bagarre l'un contre l'autre. C'est intéressant car tu vois directement si tu vas vite ou pas. En tous cas, c'est bien préférable que d’être seul à se demander si les autres ont ou pas ce petit nuage, cette petite molle quand tu ralentis dans des vents qui peuvent être encore faibles par moments. C'est revenu depuis mais ce matin par exemple on n'avait que 10 nœuds. ».

En attendant d'y voir plus clair sur ce fameux empannage qui pourrait être déterminant, Thierry Chabagny et Christopher Pratt font donc la seule chose qu'il y a à faire en ce moment : aller vite sous spi. « On écoute un peu de musique, on essaie de bien se reposer, de ne pas trop puiser dans les réserves de nourriture car nous avons juste ce qu'il faut mais pas plus ». La plaisanterie de l'avion de retour de Christopher est un peu moins d'actualité : « si nous arrivons le 14, c'est bon pour lui, le lendemain il sera à l'aéroport ! ».

Transat AG2R La Mondiale 2012  //  04/05/2012
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