Thierry Chabagny : « J’ai navigué comme il faut »

C’est terminé pour la Solo Maître CoQ. Partie jeudi, la grande course s’est achevée ce matin aux Sables d’Olonne par la victoire de Xavier Macaire, juste devant l’inévitable Yann Eliès qui s’adjuge le classement général. Thierry Chabagny rend une copie très propre : il a navigué toute la course dans le cercle restreint du groupe de tête. Belle opération pour le skipper de Gedimat qui termine 10e au classement général provisoire, très encourageant dans la perspective de la Solitaire du Figaro Eric Bompard cachemire. Nous l’avons interviewé dès son arrivée au ponton.

Ta première réaction après ces deux jours et deux nuits en mer ?
« Honnêtement, ce n’est pas mal… Même si c’est toujours un peu rageant de ne pas finir là où tu as été le mieux placé pendant la manche, soit globalement entre 1e et 5e en ce qui me concerne (7e au final). La réduction de parcours (le Comité de Course a supprimé la deuxième boucle autour de l’île de Ré) a fait que la course s’est arrêtée au pire moment pour moi, puisque c’était celui où j’étais le moins bien placé dans la course. »

Mais la copie que tu rends à bord de Gedimat est très propre...
« Oui c’est vrai, globalement je suis content ! L’objectif était de préparer La Solitaire et de se faire plaisir. Et vraiment, ça a été le cas en permanence : j’ai été à la bagarre devant pendant toute la course… Et c’était une sacrée belle bagarre, à toutes les allures. Il y a eu des moments superbes, notamment à l’île de Ré où on va virer dans les déferlantes à 50 mètres des surfeurs ! »

Toute la course, Gedimat a pointé dans le petit paquet de tête et tu as fait de jolis coups stratégiques et tactiques, notamment à Belle-Ile...
« Oui c’était top d’être devant comme ça ! C’est de la pression aussi, puisque quand tu es devant comme ça tu sais qu’à la moindre erreur tu vas perdre quelques places précieuses. J’ai fait un joli coup le long de la côte sauvage de Belle-Ile, à la bagarre avec Jérémie Beyou et Adrien Hardy, Yann Eliès était à seulement 100 mètres devant moi. Il y a eu beaucoup de va et vient dans notre groupe de tête, plein de petites choses qu’on revivra sur La Solitaire ! C’était exigeant aussi : au bout de la deuxième nuit je n’avais encore dormi que 40 minutes… et je me suis endormi quelques minutes de trop qui m’ont coûté trois ou quatre places. C’est ça aussi l’exigence du haut niveau en Figaro : tu paies cash la moindre faute, la plus petite erreur. Pendant que tu dors quelques minutes de trop, il y a un mini changement de vent et les autres en profitent pour revenir.»
 

Lors du deuxième passage à l’île d’Yeu, tu choisis de passer à l’intérieur et ça ne paie pas ?
« Vu le vent que nous attendions, pour moi c’était passer au large qui représentait  un plus gros risque. Bon, ça a payé pour ceux qui l’ont fait… c’est la course, même si c’est un peu rageant. Mais on ne  peut pas isoler un seul fait de course des autres. Il s’est passé beaucoup, beaucoup de choses. On a navigué à toutes les allures : du près, du portant, du reaching sous génois, du reaching sous spi, des empannages, du courant… c’était vraiment complet ! La seule chose qu’on n’a pas fait c’est des changements de voile génois/solent, car globalement le vent a été plutôt faible, entre 6 et 15 nœuds en moyenne. Ce que je retiens, c’est que le scénario était très proche de celui d’une étape de La Solitaire. C’est exactement ce que j’étais venu chercher et de ce point de vue c’est satisfaisant. J’ai navigué comme il faut le faire pour espérer gagner. Ceux de derrière sont revenus un peu ce matin, mais pendant longtemps il  y avait un trou vraiment énorme entre eux et nous.»

C’est de bon augure pour La Solitaire du Figaro, qui va venir vite, dans un mois ?
« En tous cas c’est plutôt rassurant, motivant, encourageant. D’ici La Solitaire il reste encore la Solo Concarneau (du 5 au 10 mai) pour se préparer encore, avec un format comparable à celui de cette grande course. Ce sera la dernière confrontation en conditions réelles avant La Solitaire… Et avant cela je dois faire le convoyage retour de Gedimat des Sables à Port La Forêt, cette semaine. Et ça s’annonce encore bien musclé avec 25 nœuds de vent pile dans l’axe de la route, évidemment ! Ce sera au près… donc pas très agréable. Pour le moment je vais me reposer un peu, participer à la remise des prix demain dimanche puis étudier à nouveau la météo du retour. J’aimerais bien remonter vite afin d’avoir le plus de temps possible pour préparer la Solo Concarneau. »

Solo Maitre Coq  //  27/04/2015
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