Thierry Chabagny : « Je me souviendrai de cette édition ! »

Thierry Chabagny termine 7e de la Solitaire du Figaro Eric Bompard cachemire 2015. Après une dernière étape épique où il a pris la 11e place, il dresse un premier bilan. Celui-ci est évidemment positif, car marqué par deux choses : la première grande victoire d’étape de Gedimat sur La Solitaire et le fait d’avoir navigué très souvent aux avant-postes, prouvant qu’il fait partie des rares à pouvoir gagner.

Revenons d’abord sur cette dernière étape où il s’est passé tant de choses…
« C’est vrai que cette dernière étape était très intéressante et qu’il s’y est passé énormément de choses… Bon, c’est mieux quand tu es vraiment tout devant, ce qui n’était pas tout à fait mon cas car Xavier (Macaire) avait fait un break dès la première partie. Mais j’étais dans le bon wagon. J’étais d’ailleurs assez content de ma première partie d’étape, car après un départ moyen j’avais réussi à bien revenir sur les tout premiers. Je grappillais sans cesse des places aux avant-postes. J’ai d’ailleurs passé beaucoup de temps, quasiment toute l’étape, bord à bord avec Jérémie Beyou. Ensuite il y a cette zone sans vent à l’aplomb de Torbay, au retour, qui redistribue les cartes. Nous, dans le groupe de l’avant, nous n’étions pas dans le timing pour aller à la côte comme l’a bien fait Adrien Hardy en partant de loin derrière. C’était un peu comme une course en Méditerranée, dans du vent évanescent, avec des brises thermiques à aller chercher très près de la côte. Il fallait être très observateur, très opportuniste…. et avoir aussi de la réussite. On y a bien vu que dans ces cas-là, parfois les derniers repassent devant, notamment parce qu’ils voient où ceux de devant peuvent tomber dans des zones sans vent. Et le final était incroyable… »

Tu veux parler des 30 derniers milles avant Dieppe ?
« Oui. On était au louvoyage contre le courant au ras de la côte, à l’aplomb des immenses falaises… Le vent a commencé à s’évanouir partout, puis il y a eu cet incroyable vent thermique de nuit qui s’est mis en route, mais très différemment selon l’endroit où tu étais placé : il marche à 100 mètres du bord où tu as 12 nœuds de vent mais à 200 mètres il n’y a plus que 8 nœuds et à 500 mètres il n’y a plus rien ! Ceux qui sont allés chercher un peu trop au large ont perdu énormément. C’était vraiment incroyable les différences de vitesse entre les bateaux ! Il fallait naviguer au sondeur, dans 5 mètres d’eau et sans savoir si ce thermique de nuit allait tenir. C’était hallucinant car le vent tombait vraiment de la falaise, alors que normalement ça aurait dû déventer. Jusqu’au bout, en plein milieu de nuit, si tu laissais un bateau entre toi et la côte, il te doublait. En pleine nuit, au bout de la quatrième nuit sans sommeil, c’était chaud. Et on a fait ça pendant 35 milles… »

L’annulation de la deuxième étape à La Corogne, alors que tu étais en tête, a pesé lourd ?
« Quand tu gagnes la première étape et que tu te retrouves premier au classement général, ça te galvanise forcément. Sur ce premier morceau de deuxième étape finalement annulé entre Sanxenxo et La Corogne, je suis en tête ex-aequo avec Charlie Dalin. C’est évident que j’aurais aimé qu’un dispositif soit prévu à la Corogne pour comptabiliser ça… maintenant c’est du passé, on ne va pas refaire l’histoire. Je pense que globalement j’ai fait les bons choix, que j’ai bien navigué si on met à part la seule véritable erreur que j’ai commise après le nouveau départ de La Corogne. Je n’ai pas vu spécialement de choses à travailler. Il y a toujours de petites améliorations à envisager évidemment, sur les voiles notamment, mais je n’avais pas de trou, j’allais vite à toutes les allures. Bien sûr que j’espérais mieux que 7e au général – même si ce n’est pas un mauvais résultat en soi. C’est comme ça, c’est le haut niveau… »

Quel est ton programme maintenant ? Repos ?
« Pas tout de suite ! Après la remise des prix, je rentre à la maison par la mer en convoyage, mais je fais une halte au Havre pour une opération de relations publiques de Gedimat, mon fidèle partenaire qui m’a encore beaucoup soutenu sur cette Solitaire. Ensuite je rentre à la maison, toujours par la mer, je sors le bateau de l’eau pour tout vérifier et ensuite seulement je prendrai un peu de vacances avant de retourner naviguer. »

Ta prochaine compétition, ce sera quoi ?
« Le Tour de Bretagne en double que je vais courir avec Frédéric Duthil, du 22 au 29 août. Je suis ravi de naviguer avec Fred, c’est un excellent Figariste qui a connu lui aussi le podium de La Solitaire. A nous deux, il y a moyen de faire de jolies choses. »

Le podium de la 1ère étape
Le podium de la 1ère étape
Solitaire du Figaro 2015  //  26/06/2015
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