Thierry Chabagny : « Je sais que je peux le faire »

Thierry Chabagny est arrivé cette nuit à Roscoff en 11e position, au terme de la deuxième étape de La Solitaire du Figaro Eric Bompard cachemire. Au classement général, le skipper de Gedimat est 9e à 39 minutes du leader et il préserve ses chances pour la suite.

C'est au milieu de la nuit dernière, à 2h50, que le Figaro Gedimat mené Thierry Chabagny a franchi la ligne d'arrivée de cette deuxième étape Plymouth-Roscoff via le phare du Fastnet, en Irlande. Une manche remportée par Yann Eliès, arrivé une heure avant tout le monde. Mais il y a très peu d'écarts ensuite dans le premier tiers des participants et comme Yann Eliès a abandonné après avoir démâté lors de la première étape, il n'est plus dangereux au classement général. C'est Fabien Delahaye qui a pris la tête de l'épreuve, devant Jérémie Beyou et Alexis Loison. C'est sur eux que Thierry Chabagny compte désormais une demi-heure de retard, mais il reste deux étapes dans cette édition 2014 et un bon résultat final est donc toujours jouable, d'autant que derrière quelques écarts se creusent : Gedimat a par exemple une heure d'avance sur le douzième. Thierry Chabagny analyse :

Que retiens-tu de cette troisième étape ?

« Je retiens qu'il ne faut vraiment pas louper le moindre petit coup. Souvent il suffit d'en rater un seul pour subir ensuite et devoir cravacher pour revenir. C'est ce qui m'est arrivé au cap Lizard où j'ai été trop gourmand en essayant de faire un peu l'intérieur et ça n'a pas marché. J'ai souffert ensuite pendant 24 heures avant de pouvoir me refaire une santé au Fastnet. »

C'est grâce à ton excellente vitesse avec Gedimat que tu as réussi à revenir ?
« La vitesse est nécessaire, elle te fait gagner une place ou deux, mais elle n'est pas suffisante alors que sur un coup stratégique tu peux reprendre beaucoup de places. C'est forcément satisfaisant de doubler quelqu'un en vitesse pure et ça marque les adversaires, mais ça ne suffit pas. La remontée vers l'Irlande était sympa, avec du vent. Je me suis décalé un peu dans l'Est de la flotte et c'était pas mal. Le vent a molli régulièrement jusqu'à la pétole avant de revenir. Je dois passer douzième au Fastnet, je reviens un peu sur les premiers. Après, pendant le bord retour il ne s'est pas passé grand-chose jusqu'en milieu de Manche. L'atterrissage sur Roscoff était un peu délicat, avec deux nœuds et demi de courant traversier mais ça s'est bien passé. Il n'y a pas d'écart entre les bateaux de tête sachant que Yann Eliès n'est plus en course pour le classement général. Les écarts il faut les compter sur Fabien Delahaye, Jérémie Beyou et Alexis Loison.»

Au final 11e à l'étape et 9e au classement général : Gedimat reste dans le coup pour la suite de La Solitaire du Figaro...
« Oui, au classement général tout est encore jouable et je  pense même que nous avons fait un petit break sur les bateaux au-delà de la 12e place. Les onze premiers tiennent en moins d'une heure mais ensuite on passe à plus d'une heure et demie de retard, et on a coutume de dire que c'est à partir de cette heure et demie qu'envisager gagner devient très difficile, voire impossible. Je suis dans le match, mais... je ne veux plus faire des étapes de poursuite comme ça, ce n'est pas possible (rires) ! Nerveusement, devoir revenir comme ça est épuisant car c'est un travail de fourmi. En plus tu as l'épée de Damoclès de craindre de perdre beaucoup de temps à l'arrivée, parce que les quelques bateaux de devant profitent d'un vent qui mollit derrière eux ou d'une renverse de courant. Je suis encore dans le coup, mais ce que je veux, c'est être devant ! Je veux être en position de me poser la question de savoir comment gagner l'étape, pas celle de comment revenir sur le trio de tête. C'est très différent... Je n'en suis pas loin du tout, je sais que je peux le faire. Il faut juste que ça se déroule bien. A moi de bien préparer la suivante, de ne pas rater de coups, de ne pas vouloir mettre trop vite la main dans le pot de confiture. La motivation est là, le bonhomme est en forme et le bateau nickel... donc il n'y a pas de raison. »

Solitaire du Figaro Eric Bompard cachemire  //  18/06/2014
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