Thierry Chabagny : « l’objectif c’est de préparer La Solitaire »

La première partie de la Solo Maître CoQ est terminée aux Sables d’Olonne. Trois petits parcours côtiers ont été courus lundi et mardi. Gedimat est pour le moment 18e au classement général dominé par Yann Eliès. Mais beaucoup de choses peuvent évoluer avec la grande course de 320 milles qui comportera au moins deux nuits en mer et dont le départ sera donné demain jeudi. La météo s’annonce complexe...

Comment s’est passé ce début de course ?
« C’était un bon entraînement aux manœuvres, aux départs et aux phases de contact ! A 40 bateaux nous avons quadrillé et requadrillé le plan d’eau des Sables à Port Bourgenay, dans tous les sens. Ces trois petits parcours côtiers se sont déroulés dans du vent de nord-est à sud-est qui se trouvait presque toujours en conflit avec le vent thermique. C’était donc très aléatoire et instable. De mon côté j’ai pris des départs moyens et je n’ai pas trouvé toutes les bonnes clés du plan d’eau, ce qui donne ces résultats en demi-teinte : 19e, 11e et 16e. Il y a un peu de frustration de ne pas finir une manche dans les dix premiers, mais c’était une bonne répétition générale. Je me retrouve un peu loin au classement général (Gedimat est 18e sur 40) pour espérer un très bon résultat maintenant, mais la grande course commence demain et c’est celle-ci qui est importante : elle est de coefficient 3 et les choses peuvent donc encore évoluer. »

Peux-tu nous rappeler le parcours de cette grande course ?
« Nous allons d’abord faire un premier tour de l’île de Ré puis nous remontons jusqu’au phare des Birvideaux, au nord de Belle-Ile. Nous redescendons ensuite devant Les Sables d’Olonne et repartons faire une nouvelle boucle autour de l’île de Ré avant le retour aux Sables. S’il n’y a vraiment pas de vent, en fonction de notre timing la direction de course peut éventuellement supprimer la deuxième boucle autour de Ré, ce qui reviendrait à réduire le parcours de 75 milles environ sur son total de 320 milles. Nous allons passer au moins deux nuits en mer, peut-être trois, avec une arrivée samedi ou dimanche selon les conditions. »

A quelles conditions météo faut-il s’attendre ?
« Aujourd’hui, les différents modèles ne sont pas calés entre eux, avec de gros écarts sur les temps de course prévisionnels. Si l’on s’en tient aux prévisions de Météo France, assez pessimistes, la phase anticyclonique actuelle va être perturbée par une dépression qui arrive du large et se comble. Elle est très chargée en pluie et en front occlus peu actifs. C’est ça qui va nous intéresser pendant la course. Car si le départ vers Ré devrait être sympa, sous spi, la remontée pourrait bien être très délicate à partir de l’île d’Yeu. Dès la soirée de demain, quand nous aurons fait le tour de Ré, le vent commence à mollir. A partir de Yeu le vent se désagrège complètement avec tout ce que ça implique : de la grosse pluie, des nappes de vent plus ou moins aléatoires, etc. Le passage de l’estuaire de la Loire pourrait bien être très compliqué, avec en plus la gestion du courant. J’espère que nous réussirons à faire avancer les bateaux, mais ce n’est pas gagné d’avance ! Je pense que ce sera très compliqué jusqu’à Belle-Ile, avant que le vent ne rentre enfin du sud-ouest pour une quinzaine de nœuds. Cela nous permettra d’enfin mieux progresser, peut être en louvoyant au ras des cailloux de la côte sauvage. Ensuite, nous verrons bien à quel moment de la journée de samedi nous pourrions être devant Les Sables et si la course s’arrête là ou si nous partons pour la deuxième boucle autour de Ré. Pour donner une idée de la différence des prévisions, le modèle Français nous voit samedi après-midi sur le premier passage aux Sables d’Olonne… alors que le modèle américain, lui, estime qu’à ce moment-là nous aurons déjà fait la deuxième boucle de 75 milles autour de l’île de Ré et donc bouclé l’intégralité du parcours prévu ! Ça fait un sacré écart !»

 Ton état d’esprit avant cette première grande course de la saison ?
« Naviguer le mieux possible. Je suis en phase de préparation et l’objectif principal est bien de me préparer aux grandes étapes de La Solitaire du Figaro, pas aux petits parcours côtiers que nous avons faits jusqu’ici. C’est la première course de l’année qui ressemble vraiment aux étapes de La Solitaire du Figaro Eric Bompard cachemire, avec deux voire trois nuits de mer. J’ai envie de faire une belle course, de rendre une copie propre. On sait déjà qu’elle sera difficile… donc intéressante ! »

Solo Maitre Coq  //  22/04/2015
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