Thierry Chabagny : « les premières heures de course seront déterminantes»

A bord de Gedimat, Thierry Chabagny et Erwan Tabarly font partie des favoris de la douzième Transat AG2R La Mondiale qui s’élance ce dimanche de Concarneau. Destination : St Barth’, via une porte aux Canaries. Pour le skipper de Gedimat, les deux premiers jours de course seront très importants.

A quoi peut-on s’attendre côté météo ?

« Le vent va être modéré – de l’ordre d’une quinzaine de noeuds - pour le départ proprement dit, dimanche. Mais il va vite se renforcer. Nous sommes dans une situation classique en Bretagne à cette période de l’année, avec un vent de sud-ouest qui va monter jusqu’à 30 noeuds dès la première nuit. Nous serons donc sous génois, puis sous solent. Stratégiquement, cela veut dire qu’il faudra d’abord aller vers l’ouest chercher le front, puis choisir le moment idéal pour placer le virement de bord quand le vent va basculer pour redevenir portant en tournant à l’ouest, puis au nord-ouest. La première nuit et la journée de lundi dans le golfe de Gascogne seront un peu sportives, dans une mer agitée...»

Et ensuite ?

«Ensuite, le vent faiblir assez vite et l’idée sera de passer sous une dorsale anticyclonique. Il y a encore une incertitude liée à l’évolution d’une petite dépression, mais la trajectoire pour aller à La Palma (marque de parcours) est bien plus directe à 48 heures du départ que ce que l’on pouvait craindre il y a encore deux jours. Globalement, on va faire du près au départ… et ensuite ce sera sans doute sous spi jusqu’aux Canaries. Nous pourrions être à La Palma en six jours seulement, ce qui est un timing intéressant. D’ailleurs en arrivant là-bas, nous devrions de nouveau naviguer dans 30 noeuds de vent, toujours sous spi. »

Si on résume, les premières 24 heures seront dures mais ensuite ce sera de la glisse ?

«Absolument. Les deux premiers jours et même les toutes premières heures de course seront déterminantes. En quelque sorte, il faudra payer le prix au près pour avoir le droit de jouer avec les meilleurs au portant ensuite. Le premier virement de bord, lundi, sera super important : il faudra être à l’affût pour être très réactifs sur cette manoeuvre qui conditionnera le positionnement. En Figaro, un tout petit écart peut vite se transformer en quelques milles difficiles à récupérer ensuite. »

C’est la première fois que vous naviguez en double ensemble avec Erwan Tabarly ?

«Nous avons déjà navigué ensemble en équipage, notamment à bord des grands multicoques, mais jamais encore en duo en Figaro, où nous avons été très souvent adversaires. Nous avons des parcours assez similaires, Erwan et moi. Et nous sommes le tandem qui comptabilise le plus de participations à la Transat AG2R : onze éditions à nous deux. »

Gedimat est cité parmi les favoris… D’accord ou pas avec ce statut ?

« C’est toujours aléatoire sur une Transat, mais oui, nous assumons : nous avons totale confiance l’un dans l’autre, nous savons faire marcher le bateau… et nous sommes très motivés d’autant qu’aucun de nous deux n’a encore gagné cette course. Avec Erwan, nous nous entendons parfaitement. Nous sommes partis nous préparer une semaine ensemble à la montagne, avec rando en journée et préparation de la transat le soir… On sait maintenant qu’on peut vivre à deux dans un tout petit espace (rires) ! Et nous avons participé à tous les stages d’entraînement du Pole Finistère Course Au Large. En un mot, nous sommes parfaitement prêts. Sur les quinze bateaux au départ, une bonne dizaine de duos peut gagner et certains marins ont une très grande expérience (Michel Desjoyeaux, Jean Le Cam, Roland Jourdain etc.) mais avec Erwan nous sommes conscients d’avoir toutes nos chances sur cette course. La mise en commun de nos compétences peut payer, si nous avons le soupçon de réussite nécessaire sur une course transatlantique.»

Transat AG2R La Mondiale  //  04/04/2014
Article précédent : « Au cap Finisterre, Gedimat fait le choix du large »  //  Article suivant : « Thierry Chabagny embarque Erwan Tabarly »