Thierry Chabagny : « mollasson au début, musclé ensuite…»

La Solo Basse Normandie s’élance à 14h30 ce vendredi de Granville… Changement de parcours : ce sera une boucle en Manche, mais sans aller à Cherbourg de façon à éviter des conditions dangereuses au raz Blanchard. Thierry Chabagny, le skipper de Gedimat, explique.

Le parcours a été changé par les organisateurs de la Solo Basse Normandie. Vous n’allez plus à Cherbourg mais revenez à Granville. Pourquoi ?
« C’est une décision liée à la météo attendue ce week-end, avec l’arrivée d’une dépression qui va générer des vents soutenus, de plus de 30 noeuds, voire 40 dans les rafales. Or le timing du parcours initial nous mettait au raz Blanchard dans le plus fort du vent et de la mer. Ce passage à la pointe nord du Cotentin n’est vraiment pas accueillant pour nos Figaro Bénéteau 2 dans ces conditions, ça peut être scabreux. De plus, c’est la première course de la saison et tout le monde n’est pas encore aguerri. Voilà pourquoi les organisateurs préfèrent nous faire évoluer sur un parcours en Manche qui reviendra à Granville dès samedi après-midi ou dans la nuit de samedi à dimanche. La course devrait durer entre 24 et 30 heures environ, selon ce qu’on aura réellement comme vent sur l’eau et notre timing par rapport à la marée. »
Peux-tu nous résumer le nouveau parcours ?
« Le début est le même : il faut aller virer une bouée dans le nord-est de Paimpol, puis aller faire le tour de Jersey. Ensuite, on ne remonte plus vers Guernesey, mais à l’inverse on redescend vers le sud pour aller chercher une bouée à la pointe de Saint Cast et retour vers Granville. Il y a une interrogation ensuite selon la marée et le timing d’arrivée à Granville (où on ne rentre pas à marée basse) : soit tout le monde est à l’heure pour rentrer à la pleine mer de samedi en début d’après-midi, soit ce n’est pas le cas et dans ce cas la Direction de course nous renverra vers Saint Malo pour un aller-retour supplémentaire. Si c’est le cas nous rentrerons à la marée de la nuit, autour de 1h30 du matin dans la nuit de samedi à dimanche. Pour le moment les simulations nous donnent un routage vraiment limite pour arriver avec la marée du début d’après-midi.»

A quelle météo s’attendre sur ce parcours ?
« Ce sera mollasson dans les premières heures de course et musclé ensuite ! Ce matin, nous sommes dans une dorsale anticyclonique qui s'affaisse petit à petit. Le vent mollit et va être très faible au départ… moins de 10 noeuds. Ensuite il va monter graduellement avec l’arrivée de la dépression attendue sur toute la France et qui va donner des vents soutenus de ouest/sud-ouest. A 20h il y aura déjà 20 noeuds, 25 noeuds en milieu de nuit et peut être 30 noeuds demain matin, avec des rafales. Ce sera sportif, il faudra être attentif et lucide…»

Les premières heures de course seront donc délicates ?
« Oui. L’idée est de ne pas prendre de retard lors des trois premières heures de course et de bien anticiper l’arrivée des vents plus soutenus, d’être en phase avec les changements de voile notamment. Nous aurons un peu moins de vent à cette latitude que si nous étions montés vers le nord comme c’était prévu à l’origine… mais ce sera musclé tout de même. Mon ambition reste la même : il n’y a pas de pression réelle de résultat vu que c’est la reprise et que la course ne compte pas pour le Championnat de France Elite de course au large en solitaire, mais je suis ici pour faire le meilleur résultat possible à bord de Gedimat. Nous avons un dernier briefing ce matin et ensuite à moi de jouer. Le départ est prévu à 14h30. »

Solo Basse Normandie  //  27/03/2015
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