Thierry Chabagny part serein

Thierry Chabagny profite des dernières heures à Brest avant le départ de la Transat Bretagne-Martinique pour peaufiner l'étude de la météo. Dimanche à 13h, il sera parmi les 15 marins solitaires qui partiront pour Fort-de-France. Particulièrement bien préparé, le skipper de Gedimat part confiant.

Pour la dixième fois un Figaro Bénéteau aux couleurs de Gedimat sera au départ d'une course transatlantique. Thierry Chabagny sera à la barre avec « l'envie de bien naviguer… d'être devant et si possible d'éviter la place de sixième ! » Explication de la plaisanterie : sur différents bateaux, le skipper de Gedimat a terminé cinq transats en Figaro Bénéteau à cette même place de sixième ; quatre fois en double sur des Transats AG2R La Mondiale et une fois en solitaire sur le parcours Belle-Ile-Marie Galante. « Je trouve que ça suffit, une meilleure place m'irait tout à fait! » Un podium, par exemple...

Thierry Chabagny est parfaitement préparé pour cela. Cette année, il n'avait pas d'obligations envers le trimaran géant Banque Populaire V - rappelons que Thierry était dans l'équipage de Loïck Peyron qui a pulvérisé le record du Trophée Jules Verne autour du monde - ni envers le MOD 70 de Michel Desjoyeaux avec lequel il a couru le Tour de l'Europe. « Du coup, j'ai pu mettre Gedimat à l'eau très tôt en saison et participer à tous les stages du Centre d'entraînement de Port la Forêt. Cela m'a fait du bien. Car c'est important de refaire encore et encore ses gammes en Figaro, de bien retrouver tous les automatismes, de surveiller également que tout le matériel de bord fonctionne, à commencer par le pilote automatique et les systèmes de récupération des infos météo. »

Conditions musclées les premiers jours

Justement, côté météo cette Transat entre Brest et Fort de France s'annonce « hivernale », comme dit le skipper de Gedimat. « Assez vite après le départ qui devrait être relativement tranquille dans une douzaine de noeuds (il faudra tout de même faire attention aux premiers bords en rade de Brest pour bien sortir du goulet) nous allons avoir du vent de nord-ouest assez fort, avec de la mer. Le bassin du golfe de Gascogne va être un peu remué ! En clair nous allons être mis dans le rythme de la manière forte. Tout le monde ne sera pas complètement amariné. Ensuite, après le cap Finisterre, il faudra négocier une deuxième dépression très large qui occupe quasiment toute la zone entre les Açores et le Portugal. Il faudra peut-être tirer des bords là-dedans… Et à partir de ce moment-là, il y aura la question traditionnelle sur les transats : à quel moment faut-il prendre la bretelle de l'autoroute du sud pour aller chercher l'alizé… S'il faut la prendre d'ailleurs. Est ce qu'il faudra continuer à batailler dans de la mer forte et des vents contraires pour aller chercher un troisième front ? C'est encore trop tôt pour le dire… »

Pendant les premiers jours, il faudra donc se bagarrer avec les éléments. « Ce ne sera pas une promenade de santé » insiste Thierry Chabagny, « mais nous aurions été très chanceux d'échapper à ce genre de configuration : à cette période de l'année et à nos latitudes de l'hémisphère nord, c'est une situation classique. » Comment Gedimat et son skipper se sortiront-ils de cette première partie de course? « C'est toujours aléatoire de dire ça sur le papier avant le départ ; ce que je sais c'est qu'il y a deux ou trois ans que je n'avais pas pu m'entrainer aussi sérieusement pour cet exercice précis en Figaro Bénéteau 2. Et aux entraînements à Port La Forêt, je suis dans le match… Maintenant, sur les quinze skippers qui participent, il y a de très sérieux concurrents et la moitié peut prétendre au podium! » A bord de son Gedimat, Thierry Chabagny fait partie de cette moitié-là.

Transat Bretagne – Martinique  //  15/03/2013
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