Thierry Chabagny : "Envie de briller"

Le départ de la troisième étape de la Solitaire Bompard Le Figaro sera donné ce samedi à 19h. Plus de 400 milles techniques au programme vers La Rochelle, via Ouessant, le raz de Sein et l’estuaire de la Gironde. Le skipper de Gedimat, Thierry Chabagny – 5e au classement général - est fin prêt pour la bagarre.
Crédit photo : Alexis Courcoux
Crédit photo : Alexis Courcoux

A quelles conditions peut-on s’attendre pour le départ de cette troisième manche ?

« Pour le beau temps il faudra encore attendre ! Nous allons partir dans un vent de ouest-sud-ouest relativement soutenu, de l'ordre de 18 à 25 nœuds, et plus dans les rafales, et sous les effets du courant. On va traverser un front chaud dans la nuit de samedi à dimanche, ce qui veut dire qu'on va encore naviguer sous la pluie. Il faudra faire très attention à la gestion du courant car il y a de forts coefficients de marée : 90 et 95 ce week-end. En tout début de Manche nous aurons quelques heures de courant favorable, mais ensuite il faudra probablement aller jouer dans les baies pour s’en abriter. Le tout en tirant des bords de nuit… »

Crédit photo : Alexis Courcoux
Crédit photo : Alexis Courcoux

La première partie jusqu’à Ouessant va donc être très technique ?

« Ah oui… Déjà, le parcours de départ en baie est assez coton et après on part pour une quinzaine d’heures de louvoyage ! Physiquement il faudra envoyer du lourd et faire attention aux éventuels abordages entre nous, qui sont toujours possibles dans la phase de départ et ce genre de conditions. Dès que nous aurons passé les Sept Iles, il faudra aller jouer dans les baies de Bretagne Nord, puis aller chercher Ouessant où il y aura des endroits avec plus de quatre nœuds de courant contraire… Là, il faudra probablement aussi naviguer au ras des cailloux, entre la chaussée de Keller au nord de l’île et le phare de Nividic. Il faut laisser Ouessant à gauche, ça risque d’être assez impressionnant car là-bas on sait bien qu’il n’y a rien pour arrêter la houle… La mer risque d’être bien pourrie, bien inconfortable. On ne pourra pas du tout dormir. La flotte pourrait bien s’étirer dès cette première partie de course, donc une fois de plus ce serait mieux d’être devant, bien dégagé... »

Crédit photo : Alexis Courcoux
Crédit photo : Alexis Courcoux

Et ensuite ?

« Entre Ouessant et Sein, c’est un peu plus simple au reaching (vent de travers) et là il faudra peut-être essayer d’enfin dormir un petit peu. Une fois passée Sein, on devrait pouvoir envoyer le spi pour la deuxième grande difficulté de cette troisième étape : le contournement d’une dorsale anticyclonique, donc des vents faibles. Il faudra bien anticiper la trajectoire et l’empannage parce qu’il y a plus de 210 milles à couvrir entre Sein et BXA, une bouée devant l’estuaire de la Gironde. Ensuite, logiquement ce sera du près pour remonter jusqu’à La Rochelle… Et encore du courant à gérer, pour une arrivée probablement mardi en milieu de journée. Le programme est encore bien copieux ! Physiquement, nous allons arriver démolis à La Rochelle. »

 
Cette troisième manche est donc elle aussi susceptible de créer de larges écarts ?

« Oui, tous les ingrédients sont réunis pour ça… Avec beaucoup de placements et de petits coups. Pas de grandes options à aller chercher à priori, mais plein de portions différentes, relativement courtes et techniques sur lesquelles il ne faut pas se louper. Il va y avoir un peu de jeu, normalement, ce sera très complet. »

 
Cinquième au classement général, tu as terminé dans le top 10 les deux premières étapes, 4e de la première manche, 9e de la deuxième. Quelle est l’objectif pour celle-ci ?

« Pour l’instant ce n’est pas si mal… Mais ça ne brille pas assez à mon goût ! L’objectif c’est toujours de faire la plus belle étape possible. Je suis un peu remonté par rapport à la dernière manche, j’ai envie de faire bien mieux et je ne vais pas commencer à gérer quoi que ce soit au classement général (5e à 1h48 du leader et à 45 minutes de la 3e place). Il n’y a que Yoann Richomme, en tête, qui peut éventuellement se dire qu’il faut commencer à essayer de gérer quelque chose, à marquer. Nous, on va tout donner. C’est vrai que j’aimerais bien au moins monter sur le podium de cette étape. »

 
Il y aura très peu de temps entre l’arrivée prévue de cette troisième étape et le départ de la quatrième et dernière manche…

« Si les routages d’aujourd’hui ont raison, nous n’aurons que 24 heures entre l’arrivée de l’étape 3 et le départ de l’étape 4 ! On va arriver très marqués physiquement et on sait que nous n’aurons qu’une seule nuit à terre. Nous ferons la dernière en mode somnambule, je crois ! »

Solitaire Bompard Le Figaro 2016  //  01/07/2016
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