Thierry Chabagny : "j'ai envie de me battre"

A bord de Gedimat, Thierry Chabagny s'élancera dimanche de Deauville pour une première étape vers Plymouth qui peut s'avérer compliquée si le vent est faible. L'épisode du démâtage dans la Transat n'est plus qu'un souvenir. Ce sera la 13e fois que Thierry Chabagny participe à la Solitaire du Figaro Eric Bompard cachemire. Dimanche dernier, il a terminé 3e du prologue. Motivation et moral sont au beau fixe.

Dimanche dernier tu as terminé sur le podium du Prologue, juste derrière deux autres grands favoris, Jérémie Beyou et Gildas Morvan. Cela prouve que le bateau est prêt?
"Cela contribue à lever les dernières interrogations qui pouvaient subsister car nous avons été obligés de tout changer : le mât, mais aussi le gréement et les voiles... Et depuis ces réparations je ne m'étais confronté avec personne, j'avais juste fait deux petites sorties à Port-la-Forêt et le convoyage pour venir ici, à Deauville. Le prologue était très court, c'était juste un parcours banane, mais oui mieux vaut le terminer sur le podium qu'au-delà de la 30e place, évidemment. C'est bon pour le moral et je me dis que j'ai la bonne vitesse, la bonne carburation... même si je ne vais pas tirer de grands enseignements de ce prologue car tu apprends forcément plus sur des bords de 100 milles que sur 2 milles. C'est un peu de confiance en plus."

Que penses-tu du parcours de cette première étape de 500 milles entre Deauville et Plymouth ?
"On a droit une triple traversée de la manche... une transmanche puissance trois ! Et on sait bien qu'il s'y passe toujours quelque chose. Même si les coefficients de marée sont relativement faibles, le facteur courant sera important. Evidemment, plus le vent est faible - comme on peut le craindre - et plus le courant est prépondérant. Il faut peut-être s'attendre à devoir jouer du mouillage (jeter l'ancre pour ne pas reculer), en tout cas le mien est vérifié ! La côte sud anglaise sera piégeuse, il faudra y jouer avec les effets de site, ceux du vent thermique et donc le courant. Là-bas, quand il faut négocier l'île de Wight, Portland Bill, la baie de Weymouth où ont eu lieu les Jeux Olympiques, Start Point, le cap Lizard, c'est un peu comme si on passait trois ou quatre fois la pointe du Raz... Une chose est certaine : il y aura du boulot !"

Trouver les bons moments pour récupérer sur ce parcours ne sera peut-être pas facile ?
"La première nuit, personne ne dormira c'est certain. Il y aura l'excitation du départ, la volonté de bien faire, la première approche des côtes anglaises... On verra d'ailleurs ce que feront nos camarades anglais engagés sur la course, ce sera intéressant de les voir naviguer chez eux, même si nul n'est prophète en son pays. La côte sud anglaise est très peu propice également au repos avec tous les effets de site. Si le vent est stable, la deuxième double traversée de la Manche sera peut-être mieux indiquée pour se reposer enfin. Je connais bien l'approche de Plymouth pour avoir participé plusieurs fois à la Transmanche mais on fait toujours demi-tour devant, je ne connais donc pas le port et n'y ai jamais mis pied à terre. C'est sympa d'aller là-bas, je trouve."

Quelle est ta motivation à quatre jours du départ?

"J'ai envie de me battre, d'aller naviguer et de me confronter aux autres. La frustration de la Transat est digérée. Il faut aller de l'avant et tirer son épingle du jeu, maintenant."

Solitaire du Figaro Eric Bompard cachemire  //  04/06/2014
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