Thierry Chabagny : "J'ai récupéré de la confiance"

Le résultat de l'étape Barcelone/Beaulieu-sur-Mer (9e) est assez peu représentatif de ce qu'a vécu pendant deux jours le skipper de Gedimat. Toujours devant sur cette manche qui a alterné vent fort et petits airs, Thierry Chabagny a montré qu'il était dans le coup. Après une bonne nuit de sommeil il revient sur cet épisode entre Espagne et France.

Vous avez eu droit à des conditions très variées sur cette étape, en commençant par du vent de travers plutôt tonique pour finir dans des airs très faibles...
"Oui, nous sommes partis de Barcelone avec un vent assez soutenu, de 15 à 20 nœuds qui s'est renforcé jusqu'à 26-28 nœuds ensuite. C'était un gros bord de reaching jusqu'à Minorque, où il fallait en permanence essayer de faire partir le bateau au surf. Tout se passait très bien pour moi, j'étais au contact avec Gildas Morvan (vainqueur de l'étape) et Adrien Hardy. Nous avons fini sous petit spi à l'approche de Minorque et dès que nous avons passé la marque, nous sommes assez vite repartis à fond les manettes vers Port Cros. Et d'un seul coup on a eu droit à une belle transition de vent qui est passé du sud-ouest au nord-ouest en mollissant pour finir dans la pétole. Là j'étais content, car mon option dans l'ouest pour me dégager de cette zone de pétole s'est avérée très payante : je me suis retrouvé au vent de la flotte et dans le changement de vent suivant j'ai pu accélérer au point de me retrouver devant. Le vent avait vraiment bien molli : nous sommes passés de 30 nœuds à 5 nœuds en arrivant au petit jour sur les îles du Levant, hier matin..."

Et là, c'est compliqué dans la pétole...
"Là, comme cela se produit souvent en Méditerranée, on a vu des mecs revenir de nulle part, des gars qu'on n'avait pas vus depuis le début de la régate ! C'est forcément un peu rageant, parce qu'après avoir bataillé toute la nuit comme un fou pour réussir à gagner quelques mètres, on perd tout dans ce petit jeu jusqu'à l'arrivée. Il y avait deux coups à jouer en allant à la côte chercher une combinaison vent+courant favorable. Je réussis bien le premier coup mais sur le deuxième j'y vais un tout petit peu trop tard… et il y a une bascule du vent de 40 degrés qui m'est très, très défavorable. Je reperds les quelques mètres gagnés et dois croiser juste derrière les leaders. Il n'y a pas d'écart entre nous bien sûr, mais dans une course aux points, c'est ce genre de tout petit truc qui fait la différence entre un podium et une neuvième place. C'est forcément rageant !"

Du positif à retenir malgré cette déception comptable?
"Oui, il y a du positif ! Cette place est forcément un échec comptable alors que j'avais fait 3e sur l'étape vers Barcelone. Mais je note aussi que mon option ouest était bonne et que ma vitesse est vraiment satisfaisante, sous spi et sous génois. Il reste une course de coefficient 4 à courir, vers Sète, donc encore beaucoup de points à distribuer. D'une manière plus générale, je sens que je navigue bien. Pour tout dire j'ai récupéré de la confiance. Je fais de bons choix et j'ai la vitesse. Donc il faut que je continue à naviguer comme ça et à gérer avec opportunisme. C'est-à-dire savoir limiter la casse quand ça ne veut pas sourire et scorer dès que c'est possible. Dès vendredi nous serons de retour sur l'eau pour des bananes et parcours techniques… Cette Generali Solo n'est pas finie, loin de là."

Generali Solo  //  02/10/2013
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