Thierry Chabagny : "la course est loin d'être finie!"

Conscient d'avoir limité les dégâts lors de la troisième étape, Thierry Chabagny s'est penché sur la météo de la quatrième et dernière manche entre Les Sables d'Olonne et Cherbourg-Octeville, en passant par les côtes anglaises. Pour le skipper de Gedimat, dixième au classement général, des surprises ne sont pas à exclure sur les trois jours et demi de mer qui vont clôturer cette Solitaire du Figaro Eric Bompard cachemire 2014.

Avec un peu de recul, tu ne te sors pas si mal de cette troisième étape en restant dans le Top 10 au classement général. Vu les circonstances avec cette flotte coupée en deux dans le golfe de Gascogne, ça pouvait être pire, non?
"Oui, ça peut toujours être pire ! C'est vrai que je m'en suis bien sorti sur la fin quand les autres se sont retrouvés empétolés. Avec mon petit décalage dans l'ouest j'ai gagné beaucoup de places et beaucoup de temps : je suis remonté de la 25e à la 16e place sur les derniers milles ! Je me sauve un peu comme ça... mais quand tu vois comment les écarts se sont créés, on peut dire que ça se joue vraiment à rien. On restait arrêté pendant que d'autres tout près arrivaient à décoller. Alors oui, dans ces conditions je suis content de sauver ma dixième place. Au moins, je peux encore jouer."

Tu en étais même surpris en arrivant au ponton des Sables d'Olonne?
"Pendant de longues heures je croyais finir 25e avec quatre heures de retard... alors 16e avec une heure et demie j'avais du mal à y croire. Je suis passé par des moments horribles, quand tu te retrouves comme ça 30 milles derrière le premier groupe... c'était tellement disproportionné comme punition ! Mais bon c'est derrière maintenant, il faut bien terminer !"

Cette quatrième étape s'annonce encore difficile?

"Ah oui, clairement ! Une petite dépression passe dans la nuit de samedi à dimanche et nous partons dimanche à 17h derrière un front froid, avec du vent de nord-ouest, d'environ 20 nœuds. A priori on va tirer des bords, ce qui veut dire qu'il y aura du jeu. Les routages pour l'instant nous donnent une étape en 3 jours et 14h... ça peut donc être longuet ! Le parcours de départ peut s'avérer un peu musclé, peut-être sous solent plutôt que sous génois. Le vent va mollir régulièrement une première fois en tournant ouest, puis sud-ouest pour finir à l'est. On devrait avoir aussi du louvoyage de Ouessant à Portsall. En fait on va passer d'une situation dépressionnaire à une situation anticyclonique... les deux traversées de la Manche ne devraient pas poser trop de souci, il y aura du vent. En revanche entre les deux, sous la côte sud anglaise, nous aurons sans doute une autre zone de transition bien délicate... de la molle, des bords à tirer dans du vent repassé à l'ouest... Il y aura du boulot ! »

Conclusion?
"Conclusion, cette étape s'avère coton ! Cette Solitaire est loin d'être terminée... il va y avoir beaucoup de jeu ! Dans les cinq premiers au classement général au moins, absolument rien n'est fait. Et la bagarre pour rester dans les dix premiers va être intense elle aussi."

Tes envies à bord de Gedimat ?
"Terminer sur une bonne note. Réussir une belle dernière étape, essayer d'entrer dans les cinq premiers. Je n'ai rien à perdre en tant que 10e, avec Gildas Morvan et Corentin Douguet qui m'entourent à quelques minutes d'intervalle. Entre finir 9e ou finir 11e, peu importe après tout : je veux jouer ma carte et sortir une belle étape."

Solitaire du Figaro Eric Bompard cachemire  //  28/06/2014
Article précédent : « Thierry Chabagny 12e à Cherbourg-Octeville »  //  Article suivant : « Thierry Chabagny 16e aux Sables d'Olonne »