Thierry Chabagny : "la Solitaire n'est pas finie !"

Sur les trois quarts de l'étape entre Porto et Gijon, le skipper de Gedimat a réalisé une très belle course, dans le paquet de tête. Mais comme pour quelques autres grands favoris tels que Gildas Morvan, Jean-Pierre Nicol ou encore Adrien Hardy, le dernier coup à terre a été très cruel : le vent thermique espéré n'est pas venu et l'addition est lourde*. Pas de quoi tout remettre en cause cependant : La Solitaire du Figaro Eric Bompard Cachemire n'en est qu'à la moitié et dès jeudi il faudra repartir vers Roscoff (436 milles) et tenter de briller sur les deux étapes restantes.

Thierry, quel est le bilan de cette deuxième étape entre Porto et Gijon? Tu as tenté une option qui n'a pas marché, c'est bien cela?
"Oui, exactement. Le bilan c'est que j'ai joué et que j'ai perdu sur la fin ! J'ai tenté une option à la côte en espérant du vent thermique car toutes les conditions étaient réunies pour qu'il y en ait. Mais malheureusement, ça n'a pas été le cas. On a eu du vent, certes, mais venant de l'est et obligeant à tirer des bords pour finir. Normalement, dans cette configuration il doit tourner nord-est, ce qui nous aurait permis de faire une route rapide et directe vers la ligne d'arrivée. C'était potentiellement un coup gagnant, qui rapporte beaucoup s'il fonctionne ! Mais il n'a pas marché, on a eu juste quelques petites sautes de nord-est pas suffisantes. C'est le jeu : quand on tente un coup comme celui-là, on n'y va pas pour perdre bien sûr ! S'il avait marché tout le monde aurait applaudi des deux mains, c'est comme ça… Après il y a eu des choses positives sur cette étape. J'ai notamment pris un très bon départ, en tête, et quasiment toute la course j'ai joué dans les premiers, en revenant bien, en faisant par exemple le tour du cap Finisterre, où on a eu une session de batailles d'empannages sous spi vraiment intéressante et agréable. J'étais bien dans le coup à ce moment-là, parmi les leaders. "

Au général, tu te retrouves 17e à 3h du leader. Cela change les objectifs pour les deux étapes restantes?
"Dans notre sport, si on regarde derrière soi on est morts! Il faut faire table rase de ce passé sinon autant rentrer en train… C'est sûr que j'ai un peu "les boules", mais il faut aller de l'avant : nous repartons dans 48 heures vers Roscoff et je ne vais pas me mettre à ressasser : je ne suis ni le premier ni le dernier à subir une déception. Regardez Armel (Le Cléac'h) : il a raté sa première étape mais gagné la deuxième ! Pareil pour Anthony Marchand qui fait 30e sur la première et 3e sur la deuxième… Je ne suis pas devenu mauvais parce que j'ai tenté un coup potentiellement gagnant qui n'a pas fonctionné ! C'est forcément rageant, je ne le cache pas, mais ça arrive et il faut se dire une chose : La Solitaire n'est pas finie. On n'en est qu'à la moitié !"

Justement cette 3e étape entre Gijon et Roscoff, comment se présente-t-elle?
"Pour ce qu'on en sait à deux jours du départ, pas très ventée elle non plus ! A priori nous pâtirons en situation anticyclonique, avec probablement une dorsale à traverser. On dirait bien qu'il n'y aura pas de vent au moins jusqu'à la hauteur de l'île d'Yeu. Et sur l'arrivée à Roscoff, même si les coefficients de marée sont plutôt faibles, il y aura sûrement une composante courants à ne pas négliger. Forcément, moins tu as de vent et plus le courant est à prendre en compte. C'est donc encore une étape qui peut potentiellement créer des écarts en temps importants. Je vais bien la préparer, tenter de bien récupérer et repartir à l'attaque. Sur la Solitaire, chaque étape est une course en soi, importante. Je ne vais pas lâcher."

*26e de l'étape, Gedimat est désormais 17e au général, à 3h08 du leader Yann Eliès.

Solitaire du Figaro 2013  //  11/06/2013
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