Thierry Chabagny : "Notre investissement paye enfin !"

Gedimat est revenu comme un avion. Décalés dans le Sud, Thierry Chabagny et Erwan Tabarly récoltent les fruits de leur investissement. En moins de deux jours, ils sont passés de la 5e place à la 3e place et ont refait la quasi-totalité de leur retard au leader : 43 milles avant-hier soir contre 8 milles seulement ce midi ! A 800 milles de l'arrivée prévue lundi, Gedimat est le bateau qui a couvert le plus de terrain ces dernières 24 heures : 231,7 milles, nouveau Trophée de la Performance. C'est entre 10 et 25 milles de plus que les quatre autres bateaux de tête. De quoi avoir un moral en très forte hausse, comme explique Thierry Chabagny.

Comment allez-vous à bord de Gedimat ?
"On va bien, très bien même ! Depuis hier notre investissement paye enfin et on a repris beaucoup de milles à nos concurrents. C’était le but. Maintenant on est à quasi-égalité avec Generali, le troisième, et nous avons toujours un petit bonus en vitesse par rapport aux autres qui sont plus au nord que nous. C'est ce que nous voulions. En théorie, nous sommes bien placés pour le final, mais on sait que la bataille sera rude jusqu'à la fin et peut-être très serrée."

Donc le moral est au beau fixe ?
"Oui, notre grosse journée d'hier nous a fait énormément de bien. En fait nous étions à la limite où tu commences à te dire que ta stratégie ne marche pas assez bien quand nous avons constaté cette différence de vitesse importante avec les autres, enfin en notre faveur. On est à fond tout le temps, au taquet tout le temps mais bien sûr ça nous a encore mis un coup de motivation supplémentaire. Avec Erwan on y croit et on est à fond pour faire avancer le bateau le plus vite possible."

Cet avantage lié à votre investissement dans le sud peut-il durer ?
"On espère pouvoir encore avoir une journée bénéfique demain, car les bateaux du Nord devraient être obligés d'empanner et donc de faire un bord défavorable. Nous on pense qu'il y aura un petit peu plus de vent où nous sommes, mais on se méfie beaucoup de la théorie de nos routages, car les prévisions sont très aléatoires dans cette zone. On aura vraiment les résultats de notre stratégie que samedi je pense, 48 heures avant l'arrivée à St Barth."

Le scénario d'un final bord à bord à grand suspense est envisageable, avec cinq bateaux dont Gedimat se disputant la victoire ?
"Je préférerais franchement un scénario idéal où on réussirait à avoir un petit matelas d'avance et ne pas finir trop stressé ! Mais, oui ce n'est pas impossible que tout se joue sur la dernière journée et que ce soit très tendu… On doit laisser l'île sur notre gauche et en faire le tour avant de revenir vers le port de Gustavia. J'espère que ça ne va pas se jouer comme à la loterie à ce moment-là, pendant le tour de l’île, car on nous prévoit une rupture de l’alizé qui peut donner lieu à beaucoup de jeu."

Avez-vous assez d'eau et de vivres pour tenir encore quatre jours?
"En eau on a ce qu'il faut, on va peut-être même pouvoir se laver et ça fera du bien. En revanche il n'y a quasiment plus de sucré à bord. Il n'y a plus de céréales du tout… Et le petit déjeuner à la blanquette de veau lyophilisée c'est moyen. Mais bon, on va faire avec !"

Transat AG2R La Mondiale  //  21/04/2016
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