Thierry Chabagny remet les pendules à l'heure !

Magnifique troisième étape du skipper de Gedimat ! Chez lui à Concarneau, Thierry Chabagny s’offre la quatrième place de ce sprint d’une vingtaine d’heures disputé dans des conditions idéales. Il termine au pied du podium, à la lutte rapprochée avec Adrien Hardy, la victoire ayant été encore raflée par le leader au général Nicolas Lunven, devant Gildas Mahé. Que des ténors du Figaro. Au contact, Thierry Chabagny s’est remis en selle... et a pris un immense plaisir à naviguer « au paradis de la voile ».

Bravo Thierry ! On imagine que ça doit faire un bien fou de signer une étape comme celle-ci, à la lutte pour le podium ? 

« Ah oui, je confirme, ça fait du bien ! L’étape a été courte mais très agréable et passionnante de bout en bout. Bien sûr j’aurais aimé accrocher le podium, car quand tu es à la lutte comme ça, tu imagines toujours pouvoir gagner ou être dans les trois premiers. Mais je ne vais pas me plaindre, surtout que j’avais pris un départ pas franchement terrible : j’étais un peu trop près de la ligne sur ce départ à l’Anglaise et j’ai dû passer 16e ou 17e à la bouée des Glénan... »

 

Mais ensuite tu fais une superbe remontée...

« J’ai attaqué directement dans les cailloux pour ressortir plus vers le continent et ça a vraiment bien payé. J’étais rapide et je regagne quasiment dix places puisque je passe septième ‘en bas’, à la bouée de Guérande. Sur le bord de remontée, j’avais vraiment la bonne carburation, la bonne vitesse et j’ai encore repris deux ou trois bateaux comme ça. Après, ça joue en arrivant aux abords de la baie de Quiberon et j’arrive à me glisser dans les cinq premiers et à y rester jusqu’à la fin. C’était super motivant, je suis content. »

 

Un mot sur Nicolas Lunven, qui gagne encore ?

« Cette année Nicolas Lunven et Adrien Hardy marchent sur l’eau. Ils sont intouchables, très forts. Il faut vraiment s’accrocher pour rester avec eux... et quand tu réussis à le faire tu n’es pas très loin du compte. »

 

Contrairement aux deux premières étapes, pas d’avaries sur Gedimat cette fois-ci. Visiblement, ça change tout ...

« Ah c’est clair que ça te change la vie ! C’est carrément autre chose ! Et beaucoup plus facile comme ça, sans grosses avaries, avec un bateau à 100% ! Quand j’y repense, sans mes avaries je terminais la première étape à moins d’une heure du vainqueur et sur la deuxième j’étais bien dans le match et j’aurais terminé tout près. Sans ces deux avaries je serais donc en train de faire une très bonne Solitaire. Ce résultat est bon pour le moral, ça prouve que je suis capable de jouer devant, de faire des bons choix stratégiques et de me remettre dans le coup. Maintenant, l’idée est de bien me reposer avant d’attaquer le très gros morceau que sera la quatrième et dernière manche entre Concarneau et Dieppe (départ lundi). »

 

On sent que tu as pris beaucoup de plaisir sur cette étape, non ?

« Je n’ai pas dormi une seconde, parce que sous spi tu barres quand même mieux que le pilote. Mais on ressent moins la fatigue quand on est à la bagarre dans les cinq de devant que quand on lutte pour la 30e place ! Vu le niveau maintenant il y a forcément des bons qui se retrouvent derrière... Mais oui, elle était géniale cette étape ! On a eu de super conditions : jamais plus de 25 nœuds de vent. Et le paysage était extraordinaire. A 23h il faisait encore bleu dans le ciel, il y avait de la lune puis vers 4h30 du matin le même bleu magique qui ressortait de l’Est. Le tout dans ce quartier-là avec les Glénan, Groix, Belle-Ile, les cailloux, les courants... il n’y a pas mieux sur terre pour naviguer et pour s’adonner à ces jeux-là. C’est vraiment le paradis de la voile ! »

16/06/2017
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