Thierry Chabagny veut rebondir

Malchanceux avec une avarie de grand-voile sur la première étape – mais il a réussi à éviter l’abandon - Thierry Chabagny adapte ses objectifs. Il cherchera surtout à gagner des étapes. La deuxième manche, à destination de Concarneau (520 milles via Sein puis Yeu) va s’avérer elle aussi complexe. Mais pas pour les mêmes raisons que la première. Cette fois, c’est le petit temps qui est au menu pour le skipper de Gedimat et ses adversaires.

La déception de la première étape et ces trois heures de retard au classement général suite à l’avarie de grand-voile sont-elles digérées ?

« Je suis toujours dégoûté mais il faut bien se faire une raison. Avant cette première étape j’étais focalisé sur le classement général mais là il ne faut pas rêver : je vais trainer ce retard comme un boulet et il faut bien changer d’objectifs, donc donner la priorité à d’éventuelles victoires d’étapes. La mer était vraiment énorme, ça passait mais c’était tendu quand même ! Quand une latte a perforé la grand-voile, je me suis très sérieusement posé la question d’abandonner et de rentrer aux Sables d’Olonne ou à La Rochelle, comme certains ont été obligés de faire... Mais au final c’était mieux quand même de réussir à finir la manche à Gijon. J’ai limité les dégâts comme j’ai pu. Et ça aurait pu être pire, la mer était déformée et le vent soufflait à 45 nœuds. Dans ces conditions-là si tu laisses ta voile fasseyer, elle est en charpie en quelques minutes ! Ce n’est pas le cas, j’ai pu l’affaler à temps même si c’était chaud. »

 

Le bateau est de nouveau opérationnel à 100%, la grand-voile est réparée ?

« Oui, avec Romain mon préparateur on a réussi à faire réparer la voile sur un plancher partenaire de la voilerie North Sails, à Santander. On l’a envoyée là-bas dès l’arrivée, ils l’ont réparée, nous l’avons reçue hier et déjà testée. C’est bon ! On a aussi changé le speedo qui était cassé. Maintenant le bateau est de nouveau opérationnel à 100%. »

 

A quelle météo s’attendre pour cette deuxième étape vers Concarneau, avec un détour par Sein puis l’île d’Yeu avant de revenir sur tes terres ? 

« On a des briefings météo aujourd'hui... Mais, en gros, c'est assez mou. Il y a une dorsale anticyclonique qui est dans notre Ouest. On l’accompagne dans le golfe de Gascogne mais elle arrive à nous passer dessus à la fin de l'approche sur la pointe de Bretagne. En début d’étape ce n'est pas très fort, il devrait y avoir dix nœuds de Nord-Ouest. Le départ sera un peu laborieux mais le vent va tourner au Nord, puis au Nord-Est. Globalement, tout le parcours va se faire dans du Nord-Est assez léger avec un renforcement à peut-être 15-20 nœuds en fin d’étape. C’est un gros morceau de petit temps, une grande étape classique de La Solitaire. »

 

Des coups à jouer potentiellement ?

« Pour l'instant c'est un peu tôt pour le dire ! A priori je ne vois pas de gros choix à faire, on sera au près... Mais il faut se méfier car c’est souvent quand on dit qu’il n’y a rien à tenter qu’il se passe des choses, ou inversement qu’il n’y a pas d’écarts lorsqu’on annonce une étape propice aux grandes options ! On sait que ce sera dans du petit temps et que ce sera long puisque je ne nous vois pas arriver avant la nuit de mardi à mercredi. »

 

Rentrer vers la maison, à Concarneau, c’est une motivation de plus ?

« Oui bien sûr mais on sait aussi que ça va être très intense, car il n’y aura que très peu de temps de récupération entre les arrivées et départs des deuxième, troisième et quatrième étapes. Entre 24 à 48 heures au mieux. Physiquement, ça va être dur, d’autant qu’on a puisé dans les réserves dès la première étape et qu’on est tous déjà fatigués par cette entame plutôt sévère. Mais je suis prêt à faire au mieux... Et si la moindre opportunité se présente je n’hésiterai pas à sauter dessus ! »

09/06/2017
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