Veillée d'armes pour Thierry Chabagny

Demain dimanche, Thierry Chabagny et les 37 autres solitaires partiront à l'attaque de la première étape entre Deauville-Plymouth. Celle-ci s'annonce complexe, car jalonnée de pièges côtiers et disputée dans du vent plutôt faible.

Plus que 24 heures avant le grand départ de la 45e Solitaire du Figaro-Eric Bombard Cachemire et cette première étape de 484 milles entre Deauville et Plymouth. "En dehors d'étudier la météo jusqu'au dernier moment, il n'y a plus rien à faire à part embarquer les fruits frais" dit Thierry Chabagny. "L'idée est de bien se reposer. Surtout que pour des raisons de marée, nous sortons du port dès 8h30 dimanche matin alors que le départ est à 13h. Je me demande d'ailleurs si je ne vais pas jeter l'ancre à proximité de la ligne pour attendre la procédure de départ demain matin, plutôt que tourner en rond sous grand-voile pendant quatre heures. A voir." Le mouillage, il faudra peut-être savoir l'utiliser à bon escient pendant cette première étape,  par exemple le long des côtes sud anglaises où les pièges sont nombreux. S'il n'y a pas de vent, on peut reculer dans du courant contraire. 

Car la situation météo est complexe pour cette première étape dont le tracé prévoit trois traversées de Manche et 180 milles sous les côtes anglaises. "En fait, nous ne sommes pas sous l'influence des mêmes grands phénomènes qu'en Atlantique. Pour résumer, on sait qu'il y a du vent de sud-ouest modéré à aller chercher, mais il n'existe que dans l'ouest du tracé de cette étape. Toute la première partie se fera dans du vent faible de nord-est. Nous allons avoir encore des briefings aujourd'hui samedi et étudier les dernières cartes et les fichiers de vent. Ce que je retiens est que deux zones paraissent plus critiques : la longue portion sous les côtes anglaises avec les effets de courants et de sites, mais aussi plus tard la proximité de la bouée Astan devant Roscoff... car à priori il n'y aura pas de vent à la côte quand on arrivera là-bas. Cette marque de Roscoff ne sera donc peut-être pas simple à aller chercher. Personne ne pourra s'estimer tiré d'affaire avant la toute dernière traversée de Manche, si le parcours est maintenu en l'état d'ailleurs car pour le moment certains routages nous donnent jusqu'à quatre nuits en mer et une arrivée jeudi à Plymouth."

Si l'on résume donc : du nord-est faible pour la première traversée de Manche. Puis, sous les côtes anglaises il faudra progresser tant bien que mal en étant si possible devant pour avoir une prime de taille : "récupérer en premier le nouveau vent de sud-ouest en gérant au mieux la transition entre les deux". Ce vent de sud-ouest "qui pourrait monter jusqu'à 20 nœuds" sera utilisé pour l'aller-retour en Manche de fin d'étape avec donc l'écueil que représente le vent faible prévu devant Roscoff. "Cette étape peut créer des écarts" résume le skipper de Gedimat, "une des clés sera de bien gérer son sommeil et il faudra comme d'habitude essayer de faire moins d'erreurs que les autres. Ce qui est sûr c'est que personne ne sera à l'abri d'une déconvenue avant la toute dernière traversée de Manche." Les skippers ont un dernier briefing de l'organisation ce soir à 17h, et ceux qui s'entrainent au Pôle Finistère course au large, dont fait partie Thierry Chabagny, ont également un nouveau briefing météo dans la soirée pour affiner encore leurs analyses.

Solitaire du Figaro Eric Bompard cachemire  //  07/06/2014
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